22/12/2006

jOIEyeux Noël et Bon Appétit !

Chaque année, les fêtes de fin d’année sont l’occasion de « mettre les petits plats dans les grands » et, peu importe l’état de santé du porte-feuille, de se faire « vraiment » plaisir ! C’est aussi pour moi l’occasion de vous dire quelques mots sur le « gavage », technique de production du foie gras.


Chaque année, en Belgique, en cette période de fêtes, ce sont près de 100 000 canards et des milliers d’oies qui subissent un traitement tout simplement ignoble pour satisfaire les désirs culinaires bien particuliers de trop nombreuses personnes. Pour la France, plus gros producteur mondial, les chiffres atteignent environ 20 millions de canards et des centaines de milliers d’oies !

Souffrance ou pas souffrance ?

A la naissance, les poussins sont triés par sexe. Les femelles, dont le foie est trop nervé et donc interdit de vente, sont le plus souvent éliminées directement par broyage ! Seuls les mâles sont donc gardés pour la fabrication du foie gras. La technique du gavage consiste à administrer de force à l’animal, durant deux à trois semaines, d’énormes quantités de bouillie de maïs très grasse en quelques secondes, et ce, deux fois par jour. Cela se fait à l’aide d’un tuyau de 30 cm enfoncé de la gorge à l’estomac ou d’un entonnoir relié à une pompe pneumatique.
Suite au choc du gavage, l’animal (emprisonné dans une cage de 30 x 30 cm) est immédiatement pris de diarrhées et de halètements. En fin de gavage, le volume de son foie aura été multiplié par dix, rendant sa respiration très difficile. Des blessures au gosier et au larynx sont également très fréquentes. On compte ainsi que 5 à 10% des canards et des oies meurent avant l’abattage lui-même !

A titre de comparaison en termes de quantités, et donc sans parler du stress, de la douleur et des maladies qui s’en suivent, cela revient pour une personne de 70 kg à ingurgiter « de force » 14 kg de pâtes (bien grasses !) par jour pendant deux à trois semaines !
Alors, souffrance ou pas souffrance ? A vous de juger...?

Le gavage, simple reproduction d’un phénomène naturel ?

Le principal argument avancé par les producteurs de foie gras pour en légitimer la production est qu’en gavant l’animal ils ne font que reproduire un phénomène tout-à-fait « naturel », à savoir qu’en préparation de leur migration, les palmipèdes sauvages stockeraient abondamment des graisses dans leur foie. Cet argument est formellement démenti par les scientifiques. Selon eux, s’il est vrai que l’animal stocke de l’énergie sous forme de graisses, ces réserves se situent principalement au niveau de la poitrine et n’atteignent en aucun cas le foie. Par ailleurs, l’espèce utilisée pour le gavage, celle que vous allez de temps en temps observer autour de certains étangs de la capitale, est non migrateur.
Il est donc absolument faux de comparer le gavage à un phénomène naturel. Le foie gras résulte uniquement d’une suralimentation forcée, contraire aux besoins alimentaires de l’animal !

Des progrès malgré tout

Certains pays européens et autres ont déjà pris des mesures en en interdisant la production mais malheureusement pas encore la consommation. Depuis août 2006, la ville de Chicago en interdit la vente dans ses restaurants et magasins d’alimentation ! Et les contrevenants s’exposent à de lourdes amendes.

Et en Belgique ? Et bien, une loi interdit actuellement le gavage mais avec une exception pour les producteurs agréés de foie gras. Elle est bien belge cette histoire !

Avant de passer à table...

... je vous propose de visionner la courte vidéo qui suit !
http://www.stopgavage.com/videos.php
Pour ma part, je vous laisse avec cette très juste phrase de Jeremy Bentham (philosophe anglais du 18ème) : « La question n’est pas Peuvent-ils penser ? ni, Peuvent-ils parler ? mais, Peuvent-ils souffrir ? ». Et, avant de vous retrouver pour vous parler du port de la fourrure, de la tauromachie, ou encore de l’utilisation des animaux pour des expériences scientifiques, je vous souhaite de très bonnes fêtes de fin d’année !

James Pirnay