Vacances j’oublie tout ...

Nous voilà aux portes de l’été (si si…) et des congés. Les vacances sont pour beaucoup d’entre nous synonymes de voyages et de farniente. Qu’en est-il vraiment ? Qui sont les touristes d’aujourd’hui, des « touristes-consommateurs » ou des « touristes- éthiques » ? L’accessibilité au tourisme est-elle généralisée ?

Alors que certains se dorent la pilule sur une plage de sable blanc, d’autres préfèrent vivre dans un village au rythme des autochtones et travailler à leurs côtés. D’autres encore, s’inscrivent à un stage de survie en conditions extrêmes, traversent la Drôme à vélo ou bien restent chez eux.

Touristes oui, mais conscients !

A l’heure où beaucoup agissent en consommateur de leurs vacances, on voit se développer des opérateurs qui proposent un autre style de tourisme, on parle alors de slow tourisme, d’éco-tourisme, de tourisme ethnique, éthique, solidaire ou de tourisme de mémoire.

Le tourisme devient alors plus responsable et plus respectueux des populations locales, de l’environnement. Les logements recherchés ne sont plus les grands hôtels mais de petites structures plus familiales, plus proches du quotidien de la population, où la cuisine est traditionnelle et où l’on est en phase avec la culture locale. Les modes de déplacement changent également, le touriste se déplace avec des moyens de transport moins polluants, il prend le temps de visiter, d’adopter les modes de locomotion locaux. Ce type de voyage demande un investissement personnel plus important, tant dans la préparation de celui-ci que dans la façon de le vivre.

C’est aussi une manière de se donner bonne conscience, de donner une raison à son voyage et non plus de se contenter de « consommer » ? Cette forme de tourisme durable a de plus en plus de succès mais provoque par moment des paradoxes comme celui du poids de l’empreinte écologique consécutive à un voyage de plusieurs milliers de kilomètres en avion pour aller partager la vie d’indigènes pour un séjour qui se veut « écologique ».

Partir à tous/tout prix ?

De nos jours, on constate que le tourisme se démocratise, les offres aériennes low-cost, les réductions » 10 nuitées plus 1 gratuites », « un enfant gratuit par adulte payant » ou les formules « last minute » permettent à un plus grand nombre de s’évader ne fût ce que quelques jours sous d’autres cieux.

Malgré tout, cela ne veut pas dire que tout un chacun peut se permettre des vacances au soleil, l’accès au tourisme n’est pas encore garanti pour tout le monde pour des raisons souvent économiques, mais aussi parfois culturelles ou familiales...

Ceci dit, il est difficile d’avouer qu’on ne peut partir en vacances pour des raisons budgétaires tellement la pression sociale est forte ; elle rend presque obligatoires les voyages long courrier et le bronzage pour justifier qu’on est bien parti en vacances, prouver aussi qu’on a les moyens. Le mois de juin rime avec les traditionnels « où pars-tu » et septembre avec « où es-tu parti ? ».
Il faut dans un cas comme dans l’autre pouvoir justifier le fait qu’on part ou ne part pas...

Pourtant il n’est pas toujours indispensable de partir loin ou de revenir hâlé pour profiter pleinement de ses vacances, des régions proches de nous en Belgique ou dans les pays limitrophes regorgent de trésors insoupçonnés et d’infrastructures adoptant des tarifs démocratiques.

Gwenaëlle Hoste
Responsable des Relations Extérieures du CBTJ
g.hoste@gitesdetape.be


Sources  :
« Les nouveaux tourismes », documentaire de Laurent Lunetta, diffusion RTBF 15 juin 2013.
http://tereos.revues.org/1657
http://www.tourisme-autrement.be/
http://ecotourisme-voyages-alternatifs.com/