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Unicef, psychiatrie et droits des jeunes
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11/04/2008

11/04/2008

Les troubles mentaux sont parmi les affections les plus répandues chez les jeunes. Ils nécessitent parfois une hospitalisation, le plus souvent de longue durée. Unicef Belgique a publié cette semaine un rapport sur la situation des droits de l’enfant confronté dans notre pays à cette (més)aventure.

En Belgique, près d’un jeune de 18 ans sur dix souffre de dépression. Si on rajoute à ce chiffre toute une série de problèmes psychologiques moins fréquents mais plus ou moins sérieux, on se rend compte que ces difficultés, souvent vécues dans l’isolement et la peur du regard des autres, sont bien plus répandues qu’on ne le pense. Dans certains cas, elles nécessitent une hospitalisation dans un service psychiatrique. Unicef Belgique s’est penché sur la situation de ces jeunes hospitalisés sous l’angle de la Convention des droits de l’enfant, et vient de publier un rapport à ce sujet.

On ne peut que s’en réjouir, Unicef a largement donné la parole aux jeunes patients lors de son enquête. Le portrait de l’univers psychiatrique qui en ressort est donc loin des statistiques froides ou des stéréotypes encore trop souvent véhiculés sur ce milieu. Cette démarche résolument constructive n’accuse personne. Elle n’a qu’un seul but : chercher des solutions et formuler des recommandations concrètes pour les réaliser.

Comment un jeune arrive-t-il dans un services hospitalier psychiatrique ? Sur la demande de quelqu’un. Le plus souvent de leur famille ou de leur médecin. Plus rarement de la justice. Occasionnellement aussi, du jeune lui-même. Mais en général, il se retrouve privé d’une partie de ses liberté contre son gré, qu’il en ressente pleinement ou non la nécessité ou l’utilité. Quelques soient les raisons de son enfermement, un jeune ne peut cependant pas être privé de ses droits.

Encore faut-il que les moyens existent pour lui permettre de les exercer. Cette question des droits et des moyens se retrouve tout au long du rapport d’Unicef Belgique.

Il ressort aussi de ce rapport qu’il n’y a pas assez de places – et de personnel - pour traiter toutes les demandes de soin. Ce constat semble paradoxal par rapport à la multiplication actuelle des hospitalisations, souvent décidée à la va-vite et au détriment d’autres formes, plus douces, de traitement.

Autres constatations : le manque d’informations données au jeunes sur leur traitement, leur condition, la durée, voire les raisons mêmes de leur présence en milieu hospitalier. De même, l’avis des jeunes patients est insuffisamment pris en compte dans l’organisation au quotidien de la vie à l’hôpital ou en institution.

Avoir des troubles psychiatriques ne veut pas dire être fou. C’est même parfois le signe d’une réaction vitale – mais douloureuse – face à une société qui ne fonctionne pas et dont une part grandissante des jeunes se sentent rejetés. Mais cela reste avant tout une période difficile de la vie, qui sera d’autant mieux surmontée que les droits des enfants et des jeunes qui l’affrontent y seront particulièrement respectés.

Bravo donc à Unicef Belgique pour ce document clair et lucide.

Benoît Lambo
blambo@cjc.be


Photos : Max Boschini

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