Un quotidien pour eux, pour nous

Souvent, notre « petit bonheur quotidien » nous échappe. Un simple retard peut nous donner l’impression d’être complètement décrédibilisé ou, au contraire, un lever de soleil peut véritablement égayer notre journée. Sans cesse, nous nous plaisons à nous plaindre des futilités qui nous entourent… Pourtant, encore nombreuses sont les personnes qui ne peuvent se plaindre de cette « petite vie tranquille ».

Les migrants du monde entier n’ont pas le loisir de se soucier de ces petits tracas. Suite à de nombreuses souffrances cumulées, ils quittent leurs pays, leurs familles, leurs proches, et leurs cultures. Ainsi, ils fuient parce qu’il n’y a plus d’espoir ; le seul vestige de celui-ci, précieusement gardé en mémoire, étant d’un jour, pouvoir rentrer. Mais les causes de la migration sont multiples [1]. Ce n’est pas pour une seule et unique raison qu’ils décident de tout abandonner.

Les migrants viennent en Europe afin de se reconstruire. Ils veulent se libérer des situations intenables auxquelles ils sont soumis, suite aux conflits armés et crises humanitaires qui s’ensuivent.
Leur souhait est de pouvoir accéder à un semblant de vie normale pour eux-mêmes mais aussi d’assurer un avenir meilleur à leurs enfants.

Malgré des mesures de plus en plus restrictives, les migrants sont de plus en plus nombreux à venir frapper à la porte de l’Europe. Cependant, il est important de faire la différence entre migrant et réfugié. « D’après l’ONU, un migrant est un citoyen qui s’est installé dans un autre pays que le sien depuis au moins 1 an, par choix ou par obligation. En 2015, près de 240 millions de personnes dans le monde ont migré pour des raisons économiques, politiques ou de survie. En 2014, à peine 26% de ces populations déplacées dans le monde sont des réfugiés. Concrètement, des citoyens accueillis par un état-tiers après avoir fait une demande d’asile. » [2]

19% des réfugiés en Belgique [3] sont des réfugiés syriens, ce qui est très certainement lié à la guerre qui fait rage depuis 2011 en Syrie ; le pays souffre de la crise humanitaire qui persiste et est toujours persécuté soit par le régime de Bachar-al-Assad soit par les forces djihadistes de l’Etat Islamique [4]. N’ayant d’autre solution pour assurer leur sécurité voire leur survie, ils entament, dès lors, un très long périple pour arriver en Europe mais, au fil des mois, le défi ne cesse de se compliquer puisque les pays européens sont toujours plus nombreux à renforcer la protection de leurs frontières.

Pourtant, il est important d’être conscient que ce n’est pas l’Europe qui accueille le plus de réfugiés syriens. En effet, les pays limitrophes, sont ceux qui recensent le plus de personnes réfugiées dont la Turquie, le Liban et la Jordanie [5]. De plus, il y a aussi beaucoup de déplacements intérieurs ; 60% des personnes amenées à fuir cherchent d’abord refuge dans leur propre pays. En Syrie, ils constituent près d’un tiers de la population, soit 7,6 millions [6].

Beaucoup d’entre nous se questionnent et l’incompréhension laisse parfois place à une certaine peur voire à la haine. Les discours et réactions parfois choquantes prouvent que certains citoyens ne prennent pas la mesure ni des situations qui poussent les migrants à fuir leur pays ni des difficultés auxquelles ces derniers sont confrontés tout au long de leur parcours. La réduction de cette problématique à une statistique ou à des expressions telles « qu’un afflux important », distillées dans la presse, ne favorise pas la compréhension. Même si les médias tentent, pour certains, d’éclairer le citoyen lambda sur cette triste réalité, le chemin à parcourir pour conscientiser la population semble encore long.

Au final, beaucoup de discours s’entrechoquent et les débats fusent mais les causes de la migration sont très complexes. Il faut vraiment continuer de se pencher sur les causes de la migration afin de comprendre, véritablement, ce qui pousse toutes ces femmes, hommes et enfants à quitter leurs pays.

Gaëlle Wanegue
CJD