Suite aux attentats de Bruxelles : prendre le temps pour discuter et envisager l’avenir

Que dire, comment réagir, suite aux attentats de Bruxelles ? L’émotion nous submerge et nos premières pensées vont aux victimes et à leurs proches. Ce 22 mars, nous avons vécu le choc. Les jours qui viennent vont également comporter leurs séries de difficultés. Ce sentiment de cauchemar qui hante nombre d’entre nous va progressivement laisser place à la dure réalité et au besoin de s’exprimer, de comprendre et d’agir. Que faire, en particulier avec les jeunes ?

Laisser s’exprimer les émotions
Tout d’abord, être à l’écoute des jeunes qui souhaitent s’exprimer. La peur, la colère, les interrogations sont autant de réactions qui doivent pouvoir être manifestées. Parler ensemble, s’arrêter un moment au calme et laisser venir les questions ou les réactions. Néanmoins, il ne sert à rien de « forcer » la parole, au risque, comme l’indique le psychologue Dimitri Haikin dans un article du Soir, de provoquer l’angoisse chez les jeunes. Afin de gérer au mieux le stress lié aux pénibles évènements que nous vivons, l’asbl Garance nous donne des conseils qui peuvent aider les jeunes et ceux qui les accompagnent : la prise de recul, l’analyse, la relaxation...

Comprendre ce qui parait incompréhensible
Après le temps de l’expression, peut venir celui de l’envie de comprendre. Saisir les motivations des terroristes, c’est comprendre, entre autres, qu’ils veulent attiser la peur et semer la haine, afin de nous monter les uns contre les autres. Ils veulent ainsi détruire notre volonté de vivre dans une société interculturelle et égalitaire.

Bien entendu, le vocabulaire et la quantité d’informations partagées doivent être adaptés selon l’âge des jeunes. Un des enjeux de ces discussions, pour combattre le projet de division des terroristes, est de lutter contre les amalgames, les stéréotypes et les préjugés, concernant, notamment, les musulmans et les personnes réfugiées en provenance du Proche-Orient. Il paraît donc intéressant d’analyser, avec les jeunes, les mécanismes qui amènent à la haine et à toutes les formes de racismes et ce, afin d’enrayer le cercle de la violence. De nombreuses ressources existent, notamment, la brochure « Clichés en Noir et Blanc » de l’ONG CEC ou encore plusieurs animations et formations.

Envisager l’action sur le long terme
Pour aller plus loin dans la réflexion et l’action avec les jeunes, il peut être utile d’engager des débats ou des actions sur base des pistes avancées par les jeunes adultes, eux-mêmes actifs sur le terrain. A Molenbeek, par exemple, ils sont nombreux à accompagner avec passion la jeunesse dans divers domaines : scolaire, culturel, sportif, professionnel. Dans une série de portraits diffusés par MagMA, nous découvrons comment Emmanuelle, Hafsa, Jonathan, Nasser et Thibault forment les jeunes, leur offrent des espaces d’expression et d’engagement citoyen et les aiguillent au mieux vers leur futur. On y comprend l’importance de la rencontre interculturelle, de l’éducation, de la mixité sociale, de l’accès à l’emploi, de la lutte contre les discriminations et contre les violences policières. Des actions rendues possibles grâce aux associations de terrain et aux jeunes qui s’y engagent. Si l’on désire aller plus loin et s’ouvrir à des actions de long terme, ces éléments constituent une série de pistes à creuser avec les jeunes lors de temps d’échanges suite aux attentats de Bruxelles. Afin de regarder vers l’avenir.

Amandine Kech
MagMA
amandine.kech@mag-ma.org