Soirée-débat de la JOCF La Louvière sur la surveillance vidéo

Ce 5 octobre, la JOCF de La Louvière organisait une soirée-débat « La surveillance met-elle la vie privée en danger ? ».

La Ville de La Louvière est sur le point d’installer 25 caméras de surveillance sur son territoire. Pourquoi cette décision ? Qu’en est-il du respect de la vie privée des citoyens ? Une petite vingtaine de Louviérois (jeunes, élus communaux, militants syndicaux, travailleurs sociaux,…) se sont rassemblés pour en discuter.

Parmi les intervenants invités par la JOCF, une représentante de la Ligue des Droits de l’Homme, une représentante du Bourgmestre de La Louvière et un agent de la zone de police de La Louvière.

Parfaitement préparée par la JOCF, la soirée-débat a débuté par la projection d’une vidéo « Souriez, vous êtes accusé(e)s » réalisée par des jeunes avec le soutien de la Ligue des Droits de l’Homme et mettant en scène un procès fictif de la vidéo-surveillance où l’on voit s’opposer argumentation en faveur et argumentation en défaveur de ce système de surveillance. Ensuite, la recherche « Urban Eyes » a été présentée. Commandée par le SPF Intérieur, cette enquête a été réalisée auprès des communes belges afin de connaître leur perception de la vidéo-surveillance. Ces deux outils ont donc permis de replacer le contexte et de cadrer le débat de manière idéale.

La soirée s’est poursuivie avec un échange de questions-réponses entre les participants au débat et les intervenants.

Au départ, les autorités politiques de La Louvière n’étaient pas particulièrement favorables à l’installation de caméras de surveillance. Cependant, face aux demandes de certains citoyens et de commerçants, la Ville a pris la décision d’installer un réseau de 25 caméras de surveillance à La Louvière avec pour objectifs de prévenir les vols, rassurer les commerçants et gérer le trafic routier.

Les participants perçoivent l’installation d’un système de vidéo-surveillance comme intrusive pour la vie privée et relativement coûteuse par rapport aux résultats qui seront obtenus. Si les personnes présentes reconnaissent que le besoin de sécurité est légitime, ils sont convaincus que la vidéo-surveillance n’est pas une vraie solution et regrettent que les citoyens n’aient pas été consultés sur cette question. Ils craignent que la présence de caméras ne résolve pas les problèmes mais les déplace dans d’autres quartiers. Pour les citoyens présents, des solutions alternatives aux caméras de surveillance existent pour répondre au sentiment d’insécurité telles que faire se rencontrer les gens via des projets culturels ou améliorer l’aménagement urbain (plus de lumière dans les rues,…). Les jeunes présents regrettent fortement que la solution aux problèmes d’insécurité passe par des caméras plutôt que par un travail de prévention mené sur le terrain par les travailleurs sociaux et la police.

Beaucoup de thématiques ont été abordées au cours de la soirée. La JOCF a voulu créer le débat et souhaite désormais rassembler des jeunes pour travailler la question de manière plus régulière.