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Selon nous
Sans gouvernement, sans peur et sans reproche
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7/01/2011

Et une semaine de plus sans gouvernement ! Cela fait maintenant quelques 210 jours que nous avons voté, battant ainsi le record de la crise la plus longue de notre histoire. Jusque-là, rien de neuf ! Néanmoins, nous pouvons nous interroger sur cette difficulté : est-ce un problème uniquement Belgo belge ? Pas si sûr…

Mardi 4 janvier, le quotidien « Le Soir » nous proposait le compte-rendu d’une rencontre avec Jean-Yves CAMUS, politologue français, spécialiste international des nationalismes et populismes. Une occasion pour nous de sortir le nez du guidon et de prendre du recul par rapport à la situation politique de notre pays.

Dans cette interview, CAMUS attirait notre attention sur le fait qu’en Europe, on peut constater l’émergence d’identités ne reposant plus sur l’État Nation classique. L’exemple de notre pays illustre parfaitement ce phénomène. En effet, la N-VA, parti nationaliste flamand, pourrait symboliser cet égoïsme fiscal qui induit que la richesse produite dans une région riche doit rester dans cette région et ne doit pas alimenter les caisses d’une région moins riche.

Cependant, ce phénomène n’est pas unique à la Belgique, il est également présent en Italie du Nord, au Pays Basque ou même en Catalogne, pour ne citer qu’eux. Cette tendance pourrait, à terme, déboucher sur une fédération d’états européens dont la base serait plutôt ethnico-linguistique.

Or, dans cette configuration, les régions riches imposent leur mode de fonctionnement aux régions les plus faibles, ce qui nous oblige aujourd’hui à constater que deux partis flamands immobilisent les négociations en vue de former un gouvernement.

Une nouvelle forme de solidarité, ou plus de solidarité ?

Cette mouvance néo-libérale accentue la compétition et les comportements narcissiques, rendant les gens plus soucieux de leur propre sort que de celui des autres. À terme, cela entraîne une absence de projets collectifs qui empêche toute décision politique. C’est ce que nous observons dans notre pays depuis plus de six mois, mais qui est une tendance à l’échelle européenne.

Pourtant, ce manque d’esprit solidaire inter-régions ne cadre pas avec les chiffres plutôt élogieux présentés également cette semaine, et qui pointaient les Belges comme ayant été justement très solidaires en 2010. En effet, notre pays est reconnu par beaucoup comme généreux lorsqu’il est nécessaire de se mobiliser pour une grande cause, une catastrophe naturelle ou autre.

Ce paradoxe nous rassure. En effet, il est nécessaire aujourd’hui de recréer de petites solidarités à l’échelon local ou régional pour redécouvrir l’échange, la possibilité de se rencontrer. Cela nous éviterait de se recentrer sur soi, sans perspective d’avancer, d’évoluer. Et si les Belges sont capables de le faire autour d’une grande cause, on peut espérer qu’ils puissent le faire dans leur région et leur pays.

Néanmoins, nous les Jeunes, avons une carte à jouer. Nos associations, nos mouvements ont, entre autres, pour finalité de favoriser cette solidarité. Soyons attentif à entretenir ce terreau de CRACS, à notre échelle. Soyons acteur aujourd’hui pour avoir la possibilité de le rester demain !

Vincent Buron
vincent.buron@icc-formation.be

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