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Selon nous
Qui (veut savoir qui) sont les 6-12 ans ?
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11/07/2008

11/07/2008

La Libre Belgique de lundi dernier a publié les résultats d’une grande enquête sur les enfants belges de 6 à 12 ans. Ambitieuse, la démarche a ratissé large, puisqu’elle a visé ni plus ni moins que de dresser le portrait type de cette génération balbutiante. Mais dans quel but exactement ?...


L’enfant d’aujourd’hui est donc heureux, autonome, décideur, zappeur, et un peu stressé quand même. Donc un extra-terrestre pour ses propres parents, en tout cas pour La Libre. Mais il est vrai que ses parents ne doivent pas avoir facile tous les jours pour le comprendre.

Reprenons dans l’ordre. L’enfant est d’abord heureux. Tant mieux, ça nous rend heureux aussi ! Il est ensuite autonome et décideur. En tout cas, il se perçoit comme tel. Signe, sans doute, que ses parents l’écoutent. A nouveau, tant mieux. Zappeur ? Sûrement, vu qu’il est né dans un monde débordant de médias. A 6 ans, il surfe souvent plus vite et plus aisément que nous sur internet. Ainsi, il aborde les masses d’infos qui nous bombardent avec le détachement de la culture du zapping – non forcément sans intelligence, bien sûr. Et enfin stressé ? Dommage, il fallait bien un bémol…

Ben tiens, soyons donc enfantins : surfons et zappons un peu. Une petite visite sur le site d’Egérie, le bureau d’étude qui a effectué l’enquête, nous apprend déjà qu’il s’agit d’une société de marketing commercial. Aïe ! Prudence… Deux clics plus loin, confirmation : un des buts de la démarche est d’identifier le rôle des enfants dans la consommation familiale. Aïe ! Inquiétude… Encore un clic et on tombe sur un dossier présentant quelques passages d’interviews d’enfants qui ont servi (les interviews) à dresser ces conclusions.

Certains passages sont lucides, rafraîchissants, et même amusants. Mais voici un extrait qui a moins bon goût : La pub, ça sert à donner des explications sur ce qu’on connaît pas. Aïe ! Angoisse… Un autre : Je trouve ça bien de pouvoir dire ce que je pense de la publicité, qu’on nous demande si on l’aime ou pas et qu’on nous écoute. Ainsi, il n’y aura plus que des pubs chouettes à la télé. Aïe ! Là, on a carrément peur à l’idée de ce que les publicitaires feront de tout ceci. Et on serre le poing en pensant à ce qu’on a bien pu dire à ces enfants pour qu’ils et elles acceptent de participer à cette enquête… Même sentiment pour : Ils doivent faire plus de publicités avec des rimes, ainsi je retiens plus facilement. Aïe ! Révulsion…

Et puis le sommet du genre : La météo est aussi une sorte de pub, parce qu’ils disent quel temps il va faire. Pour ce garçon de 8 ans, la pub n’est donc plus une manipulation crasse, mais une indication sur la manière de se comporter demain. Triomphe de la pensée unique avec circonstances aggravantes d’agression sur mineurs.

Allez, une dernière citation d’une fille de 11 ans, pour se rassurer, un peu : Quand y a trop de pub à la télé, j’en profite pour aller à la toilette ! Pour y jeter la pub ?… On aimerait bien !

Benoît Lambo
blambo@cjc.be



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