
Une édifiante étude de Philippe Defeyt sur l’insertion des jeunes vient de sortir. Le point de mire de sa réflexion ? L’inquiétant taux de chômage des moins de 25 ans, et l’inefficacité des mesures politiques récentes pour y remédier. Mais cette réflexion a surtout le mérite de dépasser l’aspect socio-professionnel de l’insertion...
L’étude commence donc par un constat aussi clair que documenté sur la situation de l’emploi des jeunes en Communauté française. Elle rappelle d’abord que certains groupes risquent davantage que d’autres de connaître le chômage. Ainsi, le niveau d’étude reste solidement lié au taux d’emploi : presque 32% pour les jeunes n’ayant pas de diplôme du secondaire, alors qu’il n’est que de 18% pour les récents diplômés de l’enseignement supérieur. Autre inégalité flagrante : de 15 à 25 ans, le taux de chômage des jeunes femmes est toujours nettement supérieur à celui des jeunes hommes. Ce qui surprend d’autant plus quand on apprend que les jeunes femmes ont en moyenne un niveau d’étude (bien) plus élevé… On pourrait y ajouter un aspect que Defeyt ne traite pas dans son étude : la question très sensible de l’origine ethnique. Car la plus précaire des catégories de demandeurs d’emploi reste les jeunes bruxellois de (grand-)parents d’origine non-européenne. Là aussi, la situation est interpellante et semble hors de portée des actuelles mesures politiques.
Si on avait juste une critique à faire sur ce texte, c’est son utilisation un peu trop fréquente de l’idée de « capital humain ». Ne considérer le financement publique des études secondaires et supérieures que comme un investissement économique à long terme est un peu réducteur. Car l’éducation n’est pas et ne peut pas être réduite à une simple acquisition de compétences. Les étudiants méritent mieux que d’être traités comme des robots.
Après les faits, le texte passe aux interprétations et surtout aux recommandations. La Déclaration de politique communautaire est décrite comme étant très ambitieuse, ce qui amène Defeyt à inviter nos dirigeants à davantage d’innovation et d’évaluation dans leurs pratiques. Et on aimerait presque rajouter : et un peu d’humilité et de lucidité…
Mais l’enseignement officiel et le monde professionnel ne sont pas les seules voies pour trouver sa place dans la société, et c’est ce que Defeyt évoque dans la dernière partie de son texte. On ne niera pas bien sûr que dans notre monde actuel, avoir un job amène bien plus qu’une simple indépendance financière (si tout va bien…) Un jeune travailleur peut ainsi trouver dans son activité de la reconnaissance et de la valorisation s’il se sent utile, de nombreux contacts humains, des opportunités de développement personnel et donc la possibilité de se projeter dans l’avenir, etc. Mais il y a d’autres formes d’insertion que les études et le travail. Et notamment une dont on te parle depuis le début de l’année : le volontariat bien sûr. Notre Boc’s montre à l’envie tout le bien que les jeunes et la société retirent ensemble des activités bénévoles dans nos OJ. Et évoque aussi, entre autres, les compétences que les jeunes volontaires peuvent valoriser dans leur carrière professionnelle…
Benoît Lambo
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