
De ces temps-ci, il y a de quoi en avoir marre de lire les journaux pour faire l’effort d’être informé et de se cultiver. On nous gave de crise communautaire et franchement, on est proche de l’overdose. Pourquoi ne pas vous intéresser plutôt l’actualité économique ? Imbuvable, obscur, chiant… pas si sûr !
Par exemple, ce jeudi, 1€ s’échangeait contre 1,4$. L’euro est fort, nous a–t-on dit. Fort ? oui, car il domine les autres de la hauteur de son cours. Mais, en fait, si on regarde d’un peu plus près, c’est surtout le dollar qui est faible. En effet, l’économie américaine est en mauvaise santé parce que la dette de l’Etat est en augmentation (en clair, l’Administration Bush dépense plus que les impôts qu’elle gagne) et que la balance commerciale est négative (ça veut dire qu’on importe plus que ce qu’on exporte et donc qu’au final, le pays dépense plus que ce qu’il gagne et ça, c’est jamais bon). En plus les marchés financiers américains sont affaiblis par la crise des « subprimes » (là, c’est trop complexe et trop long à expliquer pour un « décryptons », désolé).
Là, vous me dites, c’est un problème interne aux USA, on n’est pas concerné, on ne va quand même pas s’attendrir sur ces problèmes de riches alors qu’il y a tant de problèmes d’inégalités économiques dans le monde. Ok, mais on est dans un monde globalisé et donc les économies sont interdépendantes. Elles ont donc de l’influence les unes sur les autres. Voyons quels sont les impacts des cours du dollar et de l’euro.
Nous, on s’en tire plutôt bien. L’économie européenne est en bonne santé et va sans doute le rester. Les échanges y sont diversifiés et elle est donc moins vulnérable lorsqu’un de ses partenaires, ici l’économie américaine, traverse une mauvaise passe. Ce n’est pas le cas d’autres pays et notamment, en Amérique latine, dont les Etats-Unis sont le principal partenaire économique, qui sont maintenant menacés d’être entraînés dans les mêmes difficultés.
Je dirais même que pour l’Europe, en ce moment, un dollar faible peut avoir des avantage. Certes, les produits qui se vendent en euros seront plus chers pour ceux qui comptent en dollar, les exportations européennes vers les Etats-Unis seront donc plus difficiles. Mais à l’inverse, les produits qui s’achètent en dollars (comme les produits pétroliers) seront moins chers pour ceux qui utilisent l’euro. Les prix à la pompe n’ont pas baissé, pourtant. Non, mais nous sommes en plein choc pétrolier, seulement, on ne le sent pas encore, parce que l’évolution des taux de change absorbe pour l’instant la montée des prix. En clair, merci l’euro fort de permettre aux Européens de remplir leur cuve à mazout avant que les prix flambent !
Alors, vous pensez toujours que les pages « éco » sont incompréhensibles et barbantes ? Cependant, vous avez compris (je l’espère !) le contenu de cet article. Pourtant, il ne fait que reprendre les infos que l’on trouve dans ces pages, avec simplement en plus le soucis de les rendre accessibles. Donc, avec un décodeur, c’est possible ! Et même si quelques détails vous ont échappés, je pense que vous aurez compris qu’on ne peut faire l’impasse sur l’économie si l’on veut faire bouger les choses. Elle influence directement notre vie et celle des autres et est donc un lieu important quand on veut œuvrer pour un monde plus juste et plus solidaire.
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