Pour vous, le repas de ce soir sera donc ?

Chaque jour aux infos, c’est un peu le même refrain : « C’est la crise, telle entreprise licencie des centaines de travailleurs, on a trouvé une substance x ou y dans la nourriture,… ». À l’écoute de ces informations, nous nous offusquons, car nous leur faisions confiance, on leur a confié « notre vie ».
Mais au fond, on se demande ce que nous sommes capables de faire, nous, simple citoyen insignifiant dans cette masse. Alors, on râle dans notre coin, on s’énerve devant la télé. Et puis, on s’en retourne à notre train train vers d’autres produits tout aussi mauvais, mais ça, on ne le sait pas encore. Jusqu’au jour où les médias révèleront le scandale. Que faire pour sortir de cet état de somnolence dans lequel l’industrie agro-alimentaire, l’économie, la politique nous plongent ?

Ce n’est pourtant pas le premier scandale auquel nous sommes confrontés, petit bond en arrière d’au moins 30 ans. Dans les années 80, le scandale qui agite les consommateurs est celui du poulet aux hormones. Une dizaine d’années plus tard la vache folle fait son apparition. Ensuite la fièvre aphteuse, la grippe aviaire, porcine … Aujourd’hui le cheval remplace le bœuf et demain ?


Une boucle sans fin ?

Non, il existe des alternatives au fatalisme ou au combat hyper engagé. N’oublions-nous pas trop souvent que le pouvoir dans notre pays appartient au peuple ? Nous choisissons des personnes que nous pensons dignes de porter notre voix, pour faire des choix réfléchis en bon père de famille, comme on dit. Le fait de déléguer semble nous désinvestir de nos missions. Nous subissons les décisions de nos politiciens gestionnaires sans rien dire. Pourtant, la démocratie est le pouvoir du peuple, nous avons le droit et le devoir d’interpeller nos dirigeants. Aujourd’hui, nous acceptons peut-être trop souvent que les politiques gèrent leurs popottes entre eux !

Depuis quelques temps, notre système révèle toutes ces faiblesses et beaucoup d’entre nous ont déjà mis le doigt dessus. Ils proposent différentes grandes actions collectives qui nous permettent de nous exprimer, de faire bouger les choses, de provoquer le changement, mais sans doute avons-nous peur de nous y investir. La peur est un frein à l’action, elle nous immobilise. Quand on voit les métalos manifester on est "triste" pour eux, mais on a surtout peur que cela nous arrive. Nous avons besoin de sécurité et de préserver notre famille, de garder notre job, nos revenus, notre toit et pouvoir continuer à vivre.

Que faire ?

Il n’y a pas de recettes toutes faites, mais voici une piste : refaire du lien ! Aujourd’hui, notre société évolue à une allure folle au niveau technologique, scientifique. Mais au niveau des relations, nous régressons, on parle à des inconnus à des milliers de kilomètres et a contrario on voit moins sa famille et ses amis. Les êtres humains ont besoin d’être reliés et pour le moment ce lien s’effiloche. Pour reprendre confiance les uns envers les autres, nous devons agir, avoir la mainmise sur ce que nous mangeons. Par exemple, faire du lien avec le fermier du coin ou de notre pays, en favorisant l’achat local et de saison, proposer de se réunir dans le village, dans le quartier pour discuter et agir. Toutes ces actions nous permettent d’être indépendants par rapport aux grands circuits commerciaux et industriels pour être à nouveau porteur de nos choix alimentaires et à terme peut-être pourrions-nous, nous passer d’eux. On peut aussi s’investir dans la vie locale en interpellant les politiques, en participant à des actions comme la création d’un agenda 21, d’un Groupe d’Achat Collectif, d’une donnerie, d’un Service d’Echanges Local (SEL). Tous ces groupes ne demandent qu’à se développer et donc qu’à avoir des participants prêts à s’engager ! Sans doute que cette démarche nous permettrait de montrer aux politiques que « penser global » n’est pas LA solution.

D’une goutte d’eau à l’océan…

Pas besoin d’être un revendicateur acharné et vindicatif ou de se réunir dans de grandes manifestations pour changer le monde. Agir quotidiennement de manière positive et constructive est déjà un bon début. Pour vous, le repas de ce soir sera donc ?

"Ne doutez jamais qu’un petit groupe de personnes engagées peut changer le monde. En fait, cette façon de faire a toujours existé". M. Mead

Débora Ghislain
Permanente Pédagogique - Resonance Asbl
debora.ghislain@resonanceasbl.be