Pas d’égalité devant la maternité

Pour beaucoup, être maman est considéré comme le plus beau métier du monde. Si toutes les mamans rencontrent parfois des difficultés, celles-ci ne sont pas les mêmes en fonction de l’endroit où elles vivent. Chaque année, l’organisation « Save the Children » publie un rapport consacré à la situation des mères dans le monde. En plus d’analyses et de recommandations, ce rapport établit également un classement des meilleurs pays pour être maman. Comment celui-ci est-il réalisé et que signifie-t-il ?

Modus operandi

Ce classement - appelé indice des mères – mesure le bien-être des mamans dans 179 pays du monde sur base de cinq indicateurs.

Les deux premiers sont la santé maternelle, et plus spécifiquement le risque de décès que les mères encourent, et la mortalité infantile. Des données telles que la santé des enfants ou encore les soins prodigués aux mamans sont également prises en compte au sein de ces deux indicateurs qui permettent de donner un aperçu de la façon dont le système de santé fonctionne au sein des divers pays. Dans son rapport, l’organisation souligne encore que le bien-être des enfants et celui des mamans sont intimement liés ; ces deux informations ne peuvent donc être traitées indépendamment.

Le niveau d’éducation ainsi que le statut économique des mères viennent compléter la liste des facteurs analysés. Enfin, le statut politique constitue le dernier indicateur pris en compte. Celui-ci fait référence à la proportion de femmes présentes au sein du gouvernement national. Selon l’organisation, ce pourcentage peut avoir un impact sur la façon dont les problématiques liées à la maternité sont traitées au sein des divers pays.

Quid du classement ?

La Belgique occupe une belle dixième place au sein de ce classement qui fait la part belle aux pays européens ; ces derniers occupant neuf places du top 10 qui est largement dominé par les pays scandinaves.

A l’inverse, l’Afrique n’est pas à la fête. Les dix pays où la situation des mamans ne semble pas des plus enviables sont issus de ce continent. La Côte d’Ivoire, le Mali, la République Démocratique du Congo ou encore la Somalie, qui pointe à la dernière place du classement, sont notamment cités.

Outre les cinq indicateurs, il est également nécessaire de prendre en compte la situation de ces différents pays. Ainsi, les pays où sévit un conflit armé ou qui sont victimes de catastrophes naturelles récurrentes ne sont pas les plus à même de proposer un cadre de vie optimal pour les jeunes mamans. Pour preuve, neuf des dix derniers pays du classement sont actuellement le théâtre de violence.

Le facteur économique joue également un rôle important dans l’établissement du classement ; les pays pauvres étant souvent les maillons faibles de celui-ci. Comme le constate, d’ailleurs, le rapport, les disparités entre les mamans issues de pays riches et celles issues de pays pauvres n’ont pas tendance à s’atténuer. De même, ce sont principalement les familles les plus pauvres – et plus spécifiquement les mères et les enfants – qui sont le plus durement touchés lors des crises et ce, quelle que soit la nature de ces dernières.

Quels enseignements en tirer ?

L’engouement médiatique que génère ce type de classement n’est plus à démontrer. Dès qu’elle est tombée, l’information a été reprise par un nombre important de médias à travers le monde.

Mais il serait malvenu de limiter l’intérêt de ce rapport à son seul classement. En effet, outre les chiffres, l’ONG « Save the Children » établit également une série de recommandations dont la mise en place participerait à l’amélioration de la situation des mamans et de leurs enfants dans le monde et donc à réduire la mortalité maternelle et infantile qui représente l’objectif essentiel poursuivi. L’accès aux soins de santé, la lutte contre le mariage précoce, la poursuite de la vaccination et la prévention de la violence à l’encontre des femmes et des filles ne sont que quelques exemples.

Parmi ces recommandations, l’investissement dans l’éducation des filles figure en bonne place. Le rapport explique d’ailleurs que le niveau d’éducation a un impact considérable sur la façon dont la maternité est envisagée dans le chef d’une mère potentielle mais également sur le bien-être des enfants et de la famille dans son ensemble. L’accès à l’école reste donc un droit essentiel qu’il est également nécessaire de garantir en situation de crise. Selon l’ONG, l’éducation des filles est l’un des investissements les plus efficaces pour sortir les familles de la pauvreté et leur permettre d’accéder à un avenir meilleur.

Même si ce classement suscite parfois des réactions controversées à l’image de celle de la Côte d’Ivoire, il permet de mettre en lumière les réalités délicates et complexes auxquelles les mères sont confrontées à travers le monde. Des réalités souvent méconnues du grand public qui, au travers de ce rapport et de sa couverture médiatique, pourra, espérons-le, être conscientisé. Avec l’espoir que l’apport de ce rapport ne se limite pas à une analyse mais participe également à la mise en place d’actions concrètes en faveur des mamans du monde et de leurs enfants…

Vanessa Pitaels
Chargée de communication - CJC
vpitaels@cjc.be

Sources
- http://www.lesoir.be/869995/article/actualite/monde/2015-05-05/pourquoi-belgique-est-un-pays-ou-il-fait-bon-etre-mere

- Vous trouverez, ci-dessous, le rapport complet.

PDF - 3.4 Mo