
Manifestation pétaradante mercredi dernier à Bruxelles pour protester contre la flambée des prix de l’essence. Camions, taxis et tracteurs se sont fait entendre. Ce n’est là que le dernier épisode en date du grand feuilleton de la vie qui devient trop chère. Regardons ça de plus près…
Il était difficile de ne pas entendre les klaxons mercredi à Bruxelles (surtout dans les bureaux du CJC ;-)) Routiers, agriculteurs et taximen manifestaient simultanément. En cause : la hausse du prix de l’essence, qui rend de plus en plus difficile de gagner sa vie en pratiquant ces métiers. Ils ne sont pas les seuls. Récemment pêcheurs, autocaristes et compagnies aériennes ont tiré le même signal d’alarme.
Expliquer tout ça est bien compliqué. On ne va pas refaire l’économie ici. Mais regardons quand même de plus près la question du transport des marchandises.
Le vrai problème du transport routier, c’est d’abord et surtout son volume. On se plaint souvent qu’il y a trop de camions dans les rues comme sur les autoroutes. Que ça crée (encore) plus d’embouteillages, que ça pollue, et même qu’ils constituent un problème de sécurité routière.
Mais pourquoi y en a-t-il autant ? Simple : parce qu’aujourd’hui, on transporte tout et n’importe quoi. Ainsi, on trouve de nos jours dans nos magasins des courgettes ou des fraises au mois de janvier, parce qu’on les amène de l’autre bout du monde. On importe aussi des vêtements fabriqués en Asie parce qu’il coûtent moins cher. On transporte même des crevettes pêchées dans notre mer du Nord vers des pays méditerranéens pour les y faire décortiquer – parce que les salaires y sont plus bas – avant de les rapatrier pour qu’elles puissent être dégustées ici ! La mondialisation, c’est d’abord cela : des transports dans tous les sens afin de produire quelque part au plus bas prix et de revendre ailleurs avec le plus grand bénéfice.
Et tous ces transports ont un coût. Alors quand le prix du pétrole se met à grimper, ce coût intervient tôt ou tard dans le prix de nos courses. Dès lors, soit on paie moins les camionneurs et ceux-ci râlent, soit on augmente les prix et ce sont les clients qui râlent.
Le pouvoir d’achat baisse de jour en jour. C’est certain : de plus en plus de gens peinent vraiment à nouer les deux bouts et satisfaire leurs besoins de base.
Mais pour bien d’autres, habitués à l’abondance et aux supermarchés où on a l’impression que c’est l’été toute l’année, il faut plutôt y voir la remise en cause d’un luxe qui ne dit pas son nom. Et c’est pareil pour les vacances en avion trois fois par an sous prétexte de manque de soleil...
Alors que faire ? Il faut surtout d’urgence commencer à changer nos modes de vie. Arrêter de consommer n’importe quoi n’importe quand. C’est cette culture du « je veux tout, tout de suite, à tout moment et au meilleur prix » qu’il faut éliminer.
- Il y a un peu plus je vous le mets ?
- Non merci. J’ai décidé d’arrêter de consommer bêtement.
Benoît Lambo
blambo@cjc.be
Dessin : Matt Mahlen
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