Où sont les femmes ?

Sur les listes électorales, les quotas hommes-femmes existent depuis 1999. Début mars, le Parlement Bruxellois les a renforcés en votant une proposition d’ordonnance instaurant l’alternance hommes-femmes, le système dit de la « tirette ». Dans un autre registre, le gouvernement fédéral vient d’adopter une mesure similaire. Dans un an, un tiers des hauts fonctionnaires fédéraux devront être des femmes ! Pourquoi ces quotas existent-ils ? Et nos OJ, auraient-elles besoin de ce genre de quotas ?

Défendre la place des femmes dans nos sociétés patriarcales est une revendication de longue date. Du droit de vote à la parité des salaires, de nombreux combats sont menés pour parvenir à une égalité entre homme et femme. Aujourd‘hui encore, ces luttes, si elles évoluent, ne perdent pas leur sens.

Les quotas sur les listes électorales tentent de rétablir la structure de la population où la proportion de femme et d’homme est pourtant équivalente.

Or dans nos assemblées législatives, qu’elles soient fédérales, régionales ou communales, les hommes sont majoritairement représentés. Par conséquent, le pouvoir décisionnaire est essentiellement aux mains de la gente masculine. Les quotas permettraient donc de pallier cette faiblesse et de donner aux femmes la possibilité d’imprimer leur vision à la société. Naturelle ou artificielle, cette obligation a l’objectif de donner la parole à tous et à toutes.

Ça bouge aussi chez les fonctionnaires

Le gouvernement fédéral a récemment légiféré en ce sens. La mesure prévoit la mise en place d’un quota pour les hauts fonctionnaires féminins. Elles devront représenter au moins un tiers des effectifs en 2013. Cette décision découle du constat que trop peu de femmes se sont présentées pour les fonctions vacantes de management ces dernières années. Début 2012, seulement 13 % des 114 topmanagers et seulement 27 % des 1.820 fonctionnaires de management intermédiaire de l’ensemble de l’administration fédérale étaient des femmes.

Comme sur les listes électorales, cette mesure vise à donner une place aux femmes pour coller au mieux à la proportion homme-femme de la population. La société ne peut accepter de mettre de côté tout un pan de la population. Que les services publics initient ces démarches est une façon de reconnaitre le travail des femmes et de montrer l’exemple aux autres secteurs.

Qu’en est-il de la place des femmes dans les médias ?

La télévision renvoie comme un miroir les représentations des hommes et des femmes dans la société. Il n’y a pas que dans les lieux de décision ou de pouvoir que les hommes prennent l’ascendant ! Sur les différentes chaines, l’analyse est assez similaire. Les femmes sont toujours sous-représentées à l’écran (33,5 %, 31,41 % en 2011), et ce dans tous les types de programme télévisuel. De plus, elles continuent à occuper majoritairement des rôles secondaires de figurante ou de « vox populi » (témoignage, expérience, quidam).

Force est de constater que, les femmes de manière générale dans nos sociétés, sont sous-représentées.

Ces images véhiculées par la société ne représentent donc qu’une partie de la réalité. Leurs omniprésences poussent à penser que les choses doivent être comme ça ou qu’elles seraient un idéal à atteindre. Il est difficilement acceptable qu’une large partie de la population ne transparaisse pas à la télévision.

Et dans nos OJ, quelles places donnons-nous aux femmes ?

Les secteurs socio-culturel, médical comme l’enseignement sont des secteurs investis par un public essentiellement féminin. Des infirmières aux institutrices jusqu’aux enseignantes, les femmes sont en bonne place.

À l’instar du corps enseignant, les femmes sont bien représentées voire « surreprésentées » dans le secteur associatif et par extension, dans le monde des organisations de jeunesse. Doivent-elles aussi imposer des quotas pour garantir la place des hommes en leur sein ?
Une exception tout de même, si les femmes occupent une majorité de poste. Les postes de direction sont essentiellement masculins. Pourquoi ? Désintérêt des femmes ? Monopolisation par les hommes du pouvoir ? Trop de contraintes qui pèsent sur la vie familiale ?

Être CRACS, c’est ouvrir ces horizons et militer pour une représentativité de toute la société : des hommes et des femmes mais pas seulement ! Nos sociétés doivent également tenir compte de toutes les diversités : des personnes d’origine étrangère, des personnes handicapées, des personnes issues de tous les milieux.

Anne-Lise Mallia
Chargée de projet au CJC
almallia@cjc.be