Où part notre argent ?

La plupart des jeunes belges reçoivent de l’argent de poche chaque mois… mais quelques questions se posent concernant sa provenance, son utilisation et ce qui fait de ces acteurs de véritables consommateurs… Comment se protéger face à cette société de consommation qui nous entoure ? Quelles attitudes adopter pour être un consommateur responsable ?

D’où provient cet argent ?

La nouvelle étude du CRIOC sur les jeunes et l’argent aboutit au constat qu’une grosse majorité de jeunes de 10 à 17 ans reçoit de l’argent de poche. Cette somme varie en fonction de plusieurs critères : l’âge, le milieu social, le type d’enseignement suivi, la région, la taille du ménage…
Ce « petit pécule » provient essentiellement des parents mais peut aussi, être complété par de l’argent occasionnel reçu lors de fêtes ou suite à des services rendus… C’est à partir de 14-15 ans que le jeune devient plus indépendant sur le plan financier. Il prend conscience de la réalité économique et cherche à faire des corvées et des jobs étudiants pour augmenter son argent de poche. A partir de 21 ans, un quart des jeunes ont un travail régulier et deux tiers un travail occasionnel. A cela peut s’ajouter les bourses d’études…

Quels usages en font-ils ?

En fonction de l’âge, les jeunes auront un usage différent de leur argent : la majorité d’entre eux gardera cette somme en vue d’un achat futur, un tiers la placera sur un compte bancaire et le reste sera dépensé immédiatement. L’étude fait apparaître qu’en prenant de l’âge, le jeune choisit de placer son argent sur un compte. Les principaux postes de dépenses concernent la petite alimentation (chips, boissons,..), les vêtements, les sorties (cinéma, bowling…) la musique, les jeux vidéo et tout ce qui concerne l’achat de GSM, Ipod…
Est consommateur celui qui achète un quelconque produit, un service…



Jeune consommateur donc « cible privilégiée » des marques

En effet, les entreprises l’ont compris. Les jeunes disposent d’un budget plus important et deviennent non seulement des consommateurs intéressants mais aussi des consommateurs prescripteurs car ils vont inciter leurs parents à acheter tel ou tel produit.

Ils restent de ce fait, la proie idéale des marques et celles-ci en profitent allégrement en jouant sur différentes sortes de marketing : le marketing relationnel (créer un lien entre le client et la marque), le marketing tribal (stratégie visant à créer des groupes sociaux ou communautés autour d’un produit ou d’un service), le marketing viral (utiliser le jeune pour faire la publicité via Internet et les sms), le buzz marketing (utiliser les différents canaux pour faire du bruit)…

Cette capacité financière des jeunes intéresse également le secteur bancaire. Les banques investissent à long terme auprès de ce public et cherchent à les fidéliser par une diversification de produits proposés. Le jeune se fait piéger car, tenté par ce qu’il aura en échange, il n’aura pas analysé ce que la banque offre comme véritables services.
Par conséquent, les sollicitations étant nombreuses, le jeune doit savoir les décoder pour ne pas mettre en péril ses finances… Il devient donc un consommateur à éduquer.

Comment devenir un jeune adulte et consommateur responsable ?

L’argent de poche est non seulement un outil d’apprentissage mais aussi un outil pour l’intégration sociale. Le rôle des parents, à travers l’argent de poche, est d’encourager leurs enfants à prendre conscience de la valeur de l’argent et d’apprendre à gérer leur budget pour leur permettre de devenir de jeunes adultes et consommateurs responsables.

Pour les accompagner, leurs enseignants pourront les mettre en garde contre les risques liés à leurs achats par une analyse pédagogique In the pocket. Cette démarche a pour objectifs de donner aux jeunes les outils leur permettant d’agir en tant que consommateurs responsables, critiques et informés.

Pour qu’ils acquièrent cet esprit critique, les jeunes doivent connaître et décrypter les mécanismes de notre société de consommation. De ce fait, ils n’agiront plus de manière impulsive parce qu’ils auront eu la démarche au préalable de récolter des informations sur le produit, la qualité, la quantité, fait des relations entre leurs revenus et leurs dépenses… mais ils auront également identifié leurs véritables besoins, établi un budget et pensé durablement…

Ainsi lorsque le jeune saura capable de valoriser de manière critique l’impact de sa consommation individuelle sur son environnement, il deviendra assurément acteur de sa consommation ! N’est ce pas là une bonne manière d’être CRACS !

Cécile Jamme
Permanente pédagogique - ICC
cecile.jamme@icc-formation.be