Nous jeunes : protagonistes ou spectateurs du futur de nos pays ?

En Italie comme partout en Europe, le mot « jeunes » est très à la mode. On en met un peu dans les programmes des partis politiques, une pincée dans les lois, à volonté dans les débats télévisés et même dans les bars où généralement on ne parle que de football. Tous s’inquiètent pour les jeunes. Et nous jeunes ?

Nous sommes aussi inquiets par la précarité de notre futur. Les jeunes Italiens qui ont entre 20 et 30 ans représentent la première génération de l’histoire du Pays qui aura un niveau de bien-être inférieur à celui de leurs parents. Le taux moyen de chômage des jeunes européens est de 25% et pour démarrer une famille il faut d’abord rédiger un bon plan financier. On a des raisons pour s’alarmer pour notre futur ! Et après l’inquiétude ? Qu’est-ce que nous faisons vraiment pour prendre en main notre destin ?

Forcés plus que réellement convaincus

Le débat autour de notre génération ne cible pas seulement les questions économiques, mais il est de plus en plus centré sur la faible présence des jeunes dans tout ce qui est représentatif de la société civile : institutions publiques, partis politiques, associations, etc... Lors des dernières élections en Italie, l’abstentionnisme a été le premier vainqueur parmi les jeunes. Et voilà que comme conséquence on démarre le débat sur comment « convaincre » les jeunes à plus participer à la vie politique et civile de leur pays. Est-ce que nous ne devrions pas plutôt être convaincus plutôt que forcés à participer ?

Le chômage, le futur incertain, la faiblesse de notre voix dans l’ensemble de voix qui finalement décident le destin de nos pays, les interventions pour nous aider : ce sont des éléments qui dessinent un tableau de marginalisation croissante des jeunes par rapport à l’ensemble de la citoyenneté active. Cette tendance n’aura pas seulement des conséquences économiques mais surtout sociales : le futur imaginé par la génération de nos parents et de nos grands-parents ne peut pas être le même que celui dont nous rêvons.

Prenons notre place !

Et c’est là que nous, jeunes, devons placer notre attention et notre énergie. Le chômage représente une grande problématique à résoudre, c’est vrai, mais nous devons donner la même importance à notre participation active et fondant dans le débat sur le chemin de nos pays. Et ça n’est pas une question de manque d’espace : personne ne nous donnera l’espace si nous ne le demandons pas, si nous ne démontrons pas une approche critique, responsable et déterminée.

Le Mahatma Gandhi disait que « nous devons devenir le changement que nous voulons voir ». Le changement c’est nous, c’est notre action, c’est notre point de vue, notre énergie et notre PARTICIPATION active dans la vie démocratique de nos pays : les associations, les partis politiques, les débats publics, les entreprises.

Je suis donc ravi d’avoir rencontré des associations telles que le CJC ou le CJD qui jouent un rôle fondamental pour la naissance et le développement de la conscience de citoyens actifs dans le cœur des jeunes.

Laissons donc le rôle de spectateur de notre futur commun et devenons-en les protagonistes !

Enrico De Sanso
Membre Conseil Jeunesse et Développement - Bruxelles