Nom de code : « mouton »

Choisir le menu pour les fêtes, scinder BHV, organiser un anniversaire pour mon association sont autant de moments qui demandent de prendre des décisions ! Dans ces moments et avec l’influence du groupe, nous sommes tentés de nous rallier à la majorité. Qu’est-ce qui influence ce phénomène ? Est-ce tout à fait une attitude CRACS ?

Choisir l’avis général du groupe permet de se décharger de la responsabilité que comporte toute décision. De nombreux exemples ponctuent le quotidien de chaque citoyen. Si notre équipe a fait un mauvais choix, ce n’est pas de notre faute, mais surtout celle des autres ! Toutefois, la conséquence de cette erreur, nous devrons l’assumer ensemble, que cela nous plaise ou non ! Refuser de décider, c’est renoncer à dire ce que l’on pense et donc à être soi.

On peut s’imaginer que ce phénomène n’arrive pas à la personne qui est constamment en train de prendre des décisions ou à celles qui choisissent le menu pour les fêtes (décision mineure). C’est faux, toute décision amène une tendance à suivre le troupeau (instinct grégaire).

Dès lors, qu’est-ce qui influence notre décision ?

L’opinion des autres va avoir une influence significative sur notre décision. Plusieurs éléments sont toutefois en jeu : l’argumentation apportée par les autres, le statut et le rapport de force des personnes autour de la table, mon taux d’implication dans la décision prise, ma facilité d’expression, mes valeurs, le contenu plus ou moins à risque de mes opinions et l’image que mes idées renvoient.

Selon l’étude (disponible en ligne ici) de Sylvain Marsat, professeur de finance à l’Université d’Auvergne (France), c’est l’atteinte à notre réputation qui va être en jeu et influencer nos choix ! Plus les risques sont grands de voir notre réputation endommagée par l’une de nos décisions, plus nous avons tendance à agir comme un mouton !

Comment ne pas être « mouton », et pour quelles raisons ?

Être CRACS c’est être acteur et pouvoir apporter un avis critique sur les projets, sur la société. Nous avons la possibilité de défendre nos idées et arguments, d’être entendu et reconnu. Est-ce vraiment un gros risque d’énoncer son opinion ?! D’un autre côté, face à un expert ou une intervention jugée pertinente, on peut appuyer l’opinion qui nous semble la plus cohérente. Dans ce cas, on n’est pas dans une position passive. On adhère aux propositions et aucun cas, on ne se sentira désinvesti face à la décision prise.
Par contre, il faut se méfier de ceux qui parlent de tout et tout le temps, qui prennent systématiquement la parole. Prendre la parole en premier ne signifie pas forcément que la personne a la meilleure analyse de la situation. C’est l’autre facette de l’attitude du « mouton » !

En conclusion, il est nécessaire de se détacher de l’instinct naturel qui nous pousse à suivre le groupe. Peu importe nos craintes ou nos faiblesses, nous pouvons croire en nos idées. Ces dernières ont aussi un potentiel, une certaine originalité pouvant enrichir la décision finale. Avoir plusieurs idées à confronter permet de mieux peser le pour et le contre, d’envisager le déroulement et les conséquences liées aux choix posés. En un mot, décidons d’être dans une démocratie participative et non face à un fascisme qui veut la pensée unique pour une seule opinion et une seule décision.

Caroline Ena
Animatrice pédagogique
caroline.ena@resonanceasbl.be