
Dans notre culture, décembre est profondément marqué par Noël. Sapin, crèche, cadeaux et autres symboles ritualisent cette période initialement empreinte d’une fête chrétienne, la naissance de Jésus. Aujourd’hui, de multiples sens entourent Noël. (Lire l’article « La place de Noël aujourd’hui ». A côté de notre habituel Noël, la fin d’année est aussi synonyme d’autres fêtes. Le 25 décembre est également Hanoucca, fête juive des Lumières. Et cette année, la fête musulmane du Sacrifice, l’Aïd el-Kebir ou Aïd el-Adha tombe quelques jours plus tard, le 30 décembre.
La fête de Noël et la fête Hanoucca sont fixées au 25 décembre, jour du solstice d’hiver, moment où les jours commencent à s’allonger, où la lumière reprend le pas sur la nuit. Peu importe le jour, la date est permanente. Par contre, pour les musulmans, la date de l’Aïd el-Kebir est fonction de la position de la lune, et diffère chaque année.
Plusieurs types de calendriers s’entrecroisent donc constamment pour déterminer les dates des fêtes. Au quotidien, nous utilisons un calendrier solaire grégorien qui se base sur le temps mis par la Terre pour faire le tour Soleil : 365,2422 jours. Pour les fêtes musulmanes, le calendrier d’usage est un calendrier lunaire, qui comporte 11 jours de moins que le solaire. C’est un peu comme si ces fêtes « reculaient » chaque année de plus ou moins 11 jours. Pour d’autres fêtes chrétiennes, Pâques par exemple, c’est encore un autre calendrier lunaire qui est utilisé. Pâques est le premier dimanche qui suit ou qui coïncide avec la première pleine lune après le 21 mars, début du printemps.
Alors qu’entre religions, on connaît assez peu les fêtes des autres, on s’en fait des représentations, qu’elles soient vraies ou fausses. Nos préjugés sont souvent coriaces. Au-delà des dates, des pratiques, des noms, on peut voir des similitudes entre ces fêtes, dans leur esprit.
L’aïd el-Kebir, Hanoucca et Noël représentent toutes trois l’intervention de Dieu sur la Terre. Dans les trois cas, il intervient pour le bien des hommes. Ce sont des fêtes de joie. Des moments où l’on se retrouve avec les gens qu’on aime, où l’on manifeste son attachement par le partage d’un repas, par des cadeaux. C’est aussi un rite envers son Dieu, où on réaffirme sa foi, quelle qu’elle soit. Dans les trois religions monothéistes, ces fêtes sont aussi des moments de solidarité, d’attention aux plus pauvres et aux plus démunis.

Avec beaucoup de naïveté, on peut quand même se demander comment dans ces religions qui prônent la tolérance, le pardon, l’amour, on arrive à se combattre ? Dans notre monde où les cultures et les religions se croisent sans cesse, il est temps d’inventer d’autres modes de relations. On peut créer d’autres alternatives que fêter ses propres rites dans son coin, de façon puriste.
Au même titre que l’on est présent aux événements importants pour nos amis (anniversaires, mariages, etc.) pourquoi ne pas vivre ensemble ces fêtes. Partager les rites sans partager nécessairement la foi. Y participer ensemble parce que l’autre est important et que l’on respecte ses convictions.
Emilie Many
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