New B, phénomène de mode ou alternative crédible ?

Ce dimanche 24 mars, à Bruxelles, une cinquantaine d’organisations rassemblant syndicats, ONG, entreprises sociales ont lancé NEW B, une nouvelle banque coopérative belge. Cette annonce fût immédiatement diffusée auprès de l’ensemble des citoyens. Mais, au final, qu’est-ce qui distingue une banque coopérative d’une autre ? N’est-on pas en train de nous vendre du rêve ?

A l’heure actuelle New B n’est qu’une coopérative, ce n’est pas encore une banque. Pour le devenir, elle devra rentrer un dossier auprès de la Banque Nationale de Belgique et remplir toute une série de conditions strictes. Les citoyens qui ont acheté une part, prennent donc un risque, certes limité, de voir leur investissement disparaitre.

Les coopératives adhèrent toutes à des valeurs telles que le contrôle démocratique par les membres, l’engagement envers la communauté ou la participation économique des membres. En plus, dans le cas de New B, il ne peut y avoir que 25% de coopérateurs non-clients de la banque : en d’autres termes, d’investisseurs privés.

Quelques points de nuance

Nous pouvons nous questionner sur la réelle transparence de l’organisation. L’ensemble des coopérateurs disposera de toutes les informations nécessaires mais possèdent-ils les clefs pour pouvoir les analyser ? Il s’agit du même problème que toute démocratie connaît : la complexité et la technicité des informations rend parfois tout décryptage impossible.

Les précédentes banques coopératives ont périclité lorsque leur expansion est devenue incontrôlable. Selon Bernard Bayot, président de la coopérative, la solution pour ne pas tomber dans le même travers, est de ne pas se détourner de son objectif principal, à savoir servir l’intérêt général.



Des points positifs ?

La différence majeure entre New B et les banques classiques que nous connaissons réside dans la structure des propriétaires. Dans une coopérative, un homme/femme est égal à une voix, peu importe le nombre de parts qu’il/elle possède. Ensuite, il n’est pas possible d’acheter ou de vendre ses participations comme des actions, des délais et des règles fixent l’ensemble des procédures.

A priori, la politique de rémunération sera très sobre, le salaire du grand patron ne sera pas supérieur à cinq fois du plus bas. Il n’y aura pas de parachutes dorés ni de bonus et les dirigeants ne pourront pas être défrayés par l’acquisition de parts de la coopérative.

Ensuite, la répartition des bénéfices suivra des règles strictes établies par l’Assemblée Générale et en priorité pour les fonds propres. Les coopérateurs ne pourront percevoir que maximum 6 pourcents par an de plus-value sur leurs parts.

Toujours selon Bernard Bayot, la banque promouvra l’inclusion financière. C’est-à-dire qu’elle permettra au plus grand nombre d’avoir accès aux crédits et emprunts hypothécaires dans des conditions acceptables pour l’organisme prêteur mais également pour les clients.

Le coopérateur étant également client de la banque, il n’aura aucun intérêt à diminuer la qualité du service (donc faire baisser les dépenses) afin d’augmenter potentiellement son dividende. Cela permet d’éviter la course au rendement à court terme que connaissent la plupart des grandes entreprises d’aujourd’hui.

New B a tous les arguments pour plaire à ceux qui désirent opter pour un autre modèle bancaire. Le modèle qu’elle propose semble viable, il restera à obtenir la licence nécessaire à la pratique de ce métier avant toute autre chose. A ce stade-ci, nous pouvons déjà saluer la méthode d’éducation permanente qui a été utilisée dans la gestion de ce projet et dont nous pouvons nous inspirer dans notre action quotidienne.

Mathieu Biset
Chargé de projet - CJC
mbiset@cjc.be