Mais c’est quoi un NEET ?

Neet or neet ?

C’est l’acronyme de "not in employment, education or training" autrement dit "ni au travail, ni en formation, ni en stage". La définition de cette notion est donc simple. En principe, elle inclut l’ensemble des jeunes qui, à l’heure actuelle, n’ont pas d’emploi ou ne suivent ni étude ni formation. Utilisé la première fois en 1999 dans un rapport britannique, le taux de NEET est devenu un indicateur pour les pays européens. Il s’agit de jeunes entre 15 et 29 ans, en rupture par rapport à un avenir auquel ils ne croient pas, en tout cas pas dans sa forme actuelle. En Belgique, ils représentent 14% des 15-29 ans.

En 2011, l’enquête menée par M. Mascherni [1] pour la fondation européenne du travail, insistait sur le fait que les états européens devaient mettre une priorité autour de la formation des jeunes notamment en élevant le niveau de qualification et de formation de ceux-ci pour éviter d’augmenter leur taux de chômage ; celui-ci ayant des conséquences sur l’économie de l’état.

Actuellement, les défis des états membres devraient donc être la jeunesse et sa formation, son avenir professionnel. Mais les propositions politiques actuelles vont-elles vraiment dans ce sens ? C. Bernard [2] disait " la crise de la dette est devenue la priorité des états, laissant de côté le chômage".

Comment devient-on NEET ?

Si, à l’origine, le NEET était un jeune en décrochage scolaire qui ne travaillait pas. Aujourd’hui, cette notion a évolué et comprend plusieurs catégories de neets. On y trouve, notamment, des jeunes diplômés venant d’un milieu aisé qui ne veulent pas s’inscrire dans le monde du travail tel qu’il existe actuellement. Pour eux, c’est comme prendre une pause dans leur carrière, c’est prendre le temps de savoir ce qu’ils veulent faire, c’est pour certains l’occasion de s’engager dans des projets humanitaires, c’est une recherche de sens . Ils refusent de travailler comme l’ont fait leur parents et de n’exister qu’à travers un statut social. On constate donc bien que le neet d’il y a 5 ans n’est plus tout à fait le même que celui d’aujourd’hui. Sans doute, ces nouveaux neets dérangent-ils car ils remettent en question le système établi et dans certains cas, refusent d’y entrer.

OJ et NEETS ?

Les organisations de jeunesse permettent à l’ensemble des jeunes, y compris ceux en situation de décrochage, de vivre, découvrir, construire des projets en commun… Sans doute, certains de ces neets, au premier sens du terme, ont-ils retrouvé le chemin de l’école, de la formation ou encore du travail suite à un passage dans les OJ. Pour les "nouveaux" neets, qui questionnent la société actuelle, il s’agit peut-être d’une des manifestations de la CRAC’S attitude… Finalement être citoyen, critique, est-ce entrer dans le moule établi ou bien réfléchir et remettre en question les choses ? A méditer...

Débora Ghislain
Permanente pédagogique – Résonance asbl
debora.ghislain@resonanceasbl.be

[1M. Massimiliano Mascherini, directeur de recherche pour la fondation européenne du travail.

[2Journaliste à www.slate.fr