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Selon nous
Monde arabe en mutation, jeunesse devant !
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11/02/2011

Les sociétés arabes sont souvent perçues de l’extérieur comme rigides et résistantes au changement, si l’on s’en tient à examiner leurs régimes dirigeants, lesquels résistent effectivement au développement et au changement. Mais cette image est loin d’être conforme à la réalité des sociétés arabes, qui sont aujourd’hui engagées dans un processus de bouleversement immense et irréversible dans lequel les jeunes jouent un rôle crucial.

L’actualité dans cette région du monde, montre qu’il existe un énorme dynamisme générant de nombreux types de changements. Même si cela se déroule à des vitesses différentes et de manière complexe et contradictoire selon les pays. C’est particulièrement le cas lorsque le changement initié par la base est bridé par le haut de la pyramide, comme en Égypte, par exemple, où le président Hosni Moubarak résiste toujours malgré les demandes de la population.

D’Est en Ouest du monde arabe, la révolte gronde

Égypte, Yémen, Jordanie, demain la Syrie, puis l’Algérie, rien ne semble arrêter l’onde de choc créée par la chute du régime tunisien de Zine el-Abidine Ben Ali. Dans chaque cas, le contexte est particulier : tensions entre le Nord et le Sud au Yémen ; frictions entre Jordaniens « de souche » et Palestiniens ; question copte en Égypte, etc. Mais, dans le même temps, l’explosion est née de la même accumulation de problèmes, de frustrations, d’aspirations communes à l’ensemble de cette région du monde.

D’abord, le maintien de régimes autoritaires, avec une classe dirigeante relativement âgée, qui ne rend jamais de comptes à leurs citoyens. Hosni Moubarak est président en Egypte depuis 1982, Ali Abdallah Saleh dirige le Yémen depuis 1978. Pour ne pas parler de la Syrie où Bachar Al-Assad a remplacé son père qui avait pris le pouvoir en 1970. Quant à Ben Ali, il présidait la Tunisie sans partage depuis 1989.

De plus, avec des degrés divers selon les pays, les droits individuels, politiques et d’expression du citoyen sont bafoués. Cet arbitraire total, qui se manifeste aussi dans la vie quotidienne et qui met les citoyens à la merci des forces de l’ordre, alimente une révolte exprimant partout une soif de dignité, de libertés.



Un mouvement social initié par la jeunesse

Face à cela, une population relativement jeune, urbanisée, largement scolarisée qui vit dans des conditions de plus en plus difficile : le non emploi, la hausse des prix des matières de première nécessité, le manque de liberté…
En effet, au cours du demi-siècle écoulé, l’intense urbanisation, scolarisation et la féminisation de la main d’œuvre dans l’ensemble des pays arabes ont entraîné de profonds bouleversements dans ces sociétés. De nombreuses enquêtes montrent que les jeunes hommes et femmes veulent étudier et trouver un travail avant de se marier.

Or, ces régimes qui au moment de leur indépendance avaient souvent assuré à ses citoyens un minimum de protection, une certaine couverture sociale, un accès à l’enseignement, se sont délité sous les coups de boutoir de la corruption et de la mondialisation.

Tous ces régimes ont accaparé non seulement le pouvoir politique, mais se sont imposés également dans le domaine économique, agissant souvent en vrais prédateurs des richesses nationales. Résultat : un sentiment de frustration croissant au sein de la population qui est face à des hauts taux de chômage, des taux élevés de la pauvreté, des coûts de la vie de plus en plus chers, des inégalités de richesses croissantes, de la répression policière et de la corruption…

Ce contexte politique et socio-économique difficile a ainsi provoqué la mobilisation massive de cette jeunesse, et plus largement de toute la population, qui aspirent à l’emploi, à un niveau de vie acceptable, aux libertés politiques, et d’expression !

Maintenant reste à espérer que l’issue sera favorable pour ces populations, car on connaît ce qu’il y a ou y avait mais personne ne peut prédire ce qu’il adviendra ?

Celia Deshayes
cdeshayes@cjc.be

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