Mon beau miroir dis-moi quelle huile est la plus belle ?

L’huile de palme a plutôt mauvaise réputation chez nous car on lui reproche de détruire les forêts, de nuire à la préservation de la biodiversité (au revoir les orangs-outans), et d’avoir un fort impact environnemental (pollution, pesticide…), sans oublier qu’elle est considérée comme mauvaise pour la santé et souvent associée à la mal bouffe Cette image est-elle fondée ? Est-ce vraiment le vilain petit canard de l’agroalimentaire ? Si c’est le cas, pourquoi l’Unicef investit et soutient les plantations d’huile de palme en Afrique ? Avons-nous toutes les clés et informations pour ainsi la diaboliser ?

Nuançons quelques-unes de nos idées reçues sur l’huile de palme :

Idée reçue numéro 1 : L’installation de nouvelles plantations d’huile de palme conduit à la déforestation et nuit à la biodiversité.

L’Indonésie est tristement célèbre pour sa déforestation massive de forêts primaires pour y installer de nouvelles plantations. Or, sur les 21 millions d’hectares de forêts primaires disparus en Indonésie entre 1990 et 2005, seulement 3 millions correspondent à la création de palmeraies. Les 18 autres millions ont été exploités pour la production de bois d’œuvre, de pâte à papier ou de charbon de bois.

Il est vrai que lorsqu’une forêt primaire est transformée en plantation, la perte de biodiversité s’élève à 85 %, mais c’est le cas de toute monoculture intensive, sous les tropiques comme ailleurs…

Idée reçue numéro 2 : La culture du palmier est polluante.

La culture du palmier demande une grande utilisation de fertilisants. Les risques de pollution sont bien réels, surtout au niveau de la nappe phréatique, surtout s’ils sont utilisés en excès et/ou au mauvais moment. Cependant, encore une fois, ce problème est partagé par toutes les monocultures intensives dans le monde.

En ce qui concerne les pesticides, les attaques de parasite ou de ravageur sur le palmier ont toutes des solutions biologiques. (exemple : La fusariose en Afrique a été éradiquée grâce à des semences résistantes issues de programmes de sélection variétale classique)

Et n’oublions pas que l’extraction de l’huile de palme à partir des fruits s’effectue par pression, sans ajout d’adjuvant chimique. Procédé qu’elle partage avec la sœur huile d’olive, qui jouit de son côté d’une réputation dorée !

Idée reçue numéro 3 : L’huile de palme est mauvaise pour la santé.

L’huile de palme est une huile naturellement hydrogénée et contenant des acides gras saturés, comme son frère le beurre de cacao, et personne ne dit que ce dernier est mauvais pour la santé !

Toutes les études sur le lien entre la consommation d’huile de palme et certaines maladies (cancer, problème cardio vasculaire…) sont, à ce jour, contradictoires.

Par contre par sa position de produit le plus riche en carotène (précurseur de la vitamine A), elle devient un des alliés, sur le long terme, de l’UNESCO dans le cadre « programme en vitamine A » en Afrique.

Notre vilain petit canard n’est peut-être pas un cygne, mais il reste néanmoins une huile à regarder moins sévèrement, avec ses avantages et ses inconvénients. Il n’y a pas de « bonnes » ou « mauvaises » huile, il y a une juste une mauvaise gestion de nos ressources. C’est lorsqu’on rentre dans une politique de culture intensive qu’arrivent toutes les dérives. Et ce choix n’appartient qu’à l’homme ! L’huile de palme, quant à elle n’a rien à se reprocher.

Être CRACS, c’est aussi comprendre les rouages et les intérêts des discours diffusées pas les medias et ne pas juste se limiter à cette seule vision, c’est en diversifiant ses sources que l’on peut se construire un jugement plus proche de la réalité.

Guillaume Lair-Duée
Animateur pédagogique
guillaume.lairduee@resonanceasbl.be