Moi d’abord ! … ou pas ?

En tant que citoyen, nous avons des droits et des devoirs. Nous portons en nous des valeurs qui diffèrent d’une famille à l’autre, car celles-ci dépendent de l’historique familial, du vécu et de l’entourage. Ces valeurs évoluent avec le temps et au gré de nos rencontres, bonnes ou moins bonnes, et nous tentons de les mettre en pratique. Pourtant, nous assistons régulièrement à des gestes d’incivilités. Ce sont des comportements qui ne respectent pas les règles de la vie en société tels que la politesse, la courtoisie, le respect d’autrui, l’ordre public…

Quelques gestes simples et pourtant…

Pour moi, dire bonjour, merci, laisser passer les gens dans le métro, m’excuser si je bouscule quelqu’un, céder ma place, aider une personne en difficulté font partie des actes quotidiens qui me viennent naturellement car ils font partie de moi, ils sont ancrés dans mon éducation et mon comportement. Pourtant, on pourrait se questionner sur différents gestes civils qu’on aurait envie de faire… et qu’on ne fait pas. Pourquoi ? Sans doute à cause de la peur qu’ils soient mal interprétés, voir jugés. Si je laisse ma place à une personne âgée ou invalide, comment va-t-elle le prendre ? Elle pourrait se sentir rabaissée. Dans le cas contraire, si je ne le fais pas, je n’agis pas en tant que citoyen actif.

La société du chacun pour soi…

Nous vivons dans une société individuelle et de consommation où chacun vit pour soi, conditionné par le métro-boulot-dodo.



Force est de constater que le respect des autres n’est plus primordial et reste de l’ordre de l’accessoire. Il s’agit pourtant d’un ensemble de civilités qu’en tant que citoyen nous devrions, dans l’idéal, être amenés à faire naturellement.
Et pourtant, ces actes ne sont pas perçus partout de la même manière. Par exemple, dans certaines civilisations, on accorde plus d’importance aux personnes âgées. En effet, dans les sociétés asiatiques, il est normal d’habiter avec les aïeuls et il serait inconcevable de les placer dans les maisons de repos. C’en est tout autrement chez nous !

Qu’entendons-nous par incivilité ?

« Par incivilité, on définit l’ensemble de nuisances sociales extraordinairement variées qui ne blessent pas physiquement les personnes, mais bousculent les règles élémentaires de la vie sociale qui permettent la confiance. » Sebastian Roché

D’après une enquête réalisée le mois dernier, par le CRIOC (Centre de Recherches et d’Informations des Organisations des Consommateurs) auprès des jeunes entre 18 et 29 ans, sur leurs perceptions en matière d’incivilités, nous distinguons trois types de profils :
- Il y a ceux qui s’interdisent l’incivilité et ont dû mal à l’accepter des autres. Ils sont dérangés par des comportements qui touchent essentiellement la relation à l’autre : les défections animales non ramassées par leurs maîtres, les bousculades sans excuses, les non-remerciements, les dégradations des bâtiments, les tags sur les murs, l‘abandon des déchets sur la voie publique, les poubelles non triées… Ces personnes constatent que les comportements inciviques sont en augmentation. L’étude relève également que les jeunes francophones seraient plus choqués par l’incivisme que nos voisins néerlandophones.
- Certains n’attachent pas d’importance et ne se sentent pas concernés.
- Les derniers ont une attitude incivique et la trouvent normale même chez les autres. Comme par exemples, se garer sur une place pour handicapés ou sur le trottoir faute de place pour aller chercher du pain, se précipiter dans le métro pour saisir la seule place libre, mettre les pieds sur les fauteuils au cinéma…

Des constats qui donnent froid dans le dos… et qui poussent à réagir. Oui mais comment ?

Comment palier à ce genre de comportements ?

Comment ne pas être offusqués lorsque nous sommes témoins d’un acte incivil ? A quoi nous exposons-nous si nous réagissons ? Par exemples, si j’informe mon voisin que ses poubelles volumineuses ne sont pas triées et mises à heure légale sur le trottoir, je ne favorise pas le bon voisinage… Ou encore, si j’interviens face un groupe occupé à dégrader des abris de bus, je cours le risque de subir une réaction violente de la part des auteurs. Dans certaines situations, suite aux conséquences encourues si on réagissait, il est parfois plus raisonnable de ne pas agir. D’où la nécessité d’être soutenus pour conforter nos positions civiques !
En effet, outre l’action de tout un chacun, il est nécessaire de mettre en place d’autres actions pour sensibiliser les gens. À ce sujet, la ville de Bruxelles a décidé de mettre en place un « plan de lutte contre les incivilités ». Il s’agit d’un plan de bataille dans lequel les citoyens sont informés par une campagne et sont sanctionnés s’ils commettent une infraction. Pour que l’impact soit efficace, un contrôle sur le terrain est indispensable. Les personnes prises sur le fait, prennent conscience de leur geste et agissent en conséquence.

Et nous, en tant que CRACS ?

En tant que citoyens actifs, nous avons plus de contrôle sur l’extérieur puisque nous sommes amenés à porter un regard critique sur ce qui nous entoure. Dans la civilité se jouent les droits et les devoirs concrets de l’individu. Positionnons-nous sur qui nous sommes ? Qu’est-ce qui nous lie ? Qu’avons-nous à faire ensemble ? Comment améliorer les rapports avec autrui ? Quelles actions mettre en place pour faire évoluer les choses ?

Soyons l’exemple pour ceux qui sont l’avenir de demain !

Cécile Jamme
Permanente pédagogique - ICC
cecile.jamme@icc-formation.be