Mobilisation générale !

Le Time vient de désigner comme personne de l’année 2011 « le manifestant » (qui succède ainsi à Mark Zuckerberg en 2010). Une façon de rendre hommage aux révolutionnaires dans les pays arabes, mais également au mouvement des indignés. L’occasion de nous arrêter sur ce droit de manifester, cher à notre démocratie, mais qui n’est pas sans devoirs…

2011 : une année citoyenne

De la Grèce, en passant par l’Espagne, les Etats-Unis (Occupy Wall Street), la Syrie, l’Egypte ou encore la Tunisie, les manifestants étaient sur tous les fronts en 2011.
«  Personne n’aurait pu savoir que lorsqu’un vendeur de fruits tunisien s’est immolé par le feu, il déclencherait des manifestations qui mèneraient à la déchéance de plusieurs dictateurs et lancerait une vague mondiale de la dissidence. En 2011 les manifestants n’ont pas seulement exprimé leur insatisfaction, ils ont changé le monde. »(Le Time)
Le manifestant fait donc figure de héros citoyen, solidaire et acteur de changement. Dans un monde agité, manifester est parfois la seule « arme » des citoyens pour se faire entendre par les autorités politiques, économiques ou sociales.

Pas que des héros cependant…

Suite aux récentes manifestations dans le quartier Matonge, ou à certaines dérives de manifestations syndicalistes, une question se pose : le manifestant est-il toujours ce héros décrit par le Time ? Force est de constater qu’au départ d’une saine revendication citoyenne, les comportements barbares de certains manifestants se révèlent bien loin de l’idéologie démocratique. Ainsi ces manifestations qui se transforment en bain de violence et donnent l’occasion à certains « casseurs » de s’adonner, en toute impunité, à leurs méfaits ; ou encore ces manifestants qui profitent du motif de rassemblement pour organiser des festivités bibitives dont les « résidus » hantent les quais de gare en fin de journée… L’image du manifestant s’en retrouve dès lors entachée, au détriment de ceux qui exercent ce droit pour faire évoluer la société.

Sensibiliser n’est pas imposer

Pour le manifestant, il s’agit de faire entendre sa voix pour marquer son désaccord et faire en sorte que les autres citoyens prennent conscience de ce qui le préoccupe. Malheureusement, les moyens se résument souvent à prendre en otage les travailleurs, les étudiants, les navetteurs, les automobilistes, etc. Résultat : au lieu de mobiliser la population, le manifestant se la met à dos ! Cherchons plutôt à sensibiliser en provoquant le sourire, en interpellant sainement ! Cela demande évidemment plus de créativité, mais cela vaut la peine.

Pourquoi ne pas proposer une journée de transports gratuits pour les navetteurs plutôt que de leur gâcher leur journée ? Ou organiser un flashmob, distribuer des objets symboliques, recouvrir le ministère de mousse, le décorer pour que les médias parlent de cette action et que le message soit transmis aux citoyens… Il y a certainement autant à gagner si pas plus, à se montrer créatifs et déterminés ! L’important est de mobiliser et de conscientiser ses concitoyens, pas de leur rendre la vie infernale.

Les 10 commandements du manifestant qui change le monde

1) En connaissance de cause, ta voix tu feras entendre
2) Avec des propositions constructives, tu viendras
3) Par la violence destructrice, jamais, tu ne t’exprimeras.
4) Dans l’intérêt de la collectivité, tes opinions tu exprimeras
5) Sans prendre leur vie en otage, les autres tu sensibiliseras
6) Avec dignité en toute circonstance, tu te comporteras
7) Par le dialogue, les conflits agressifs tu résoudras
8) Avec force et conviction, le changement tu sèmeras
9) Par une saine provocation, tu interpelleras
10) Ton sens de la créativité, au service de la cause tu mettras

Le monde évolue et chacun peut faire tourner le vent dans le sens qu’il estime le plus juste pour notre société. Veillons toutefois à ce que nos voix retentissent avec et pour le bien de tous, dans le respect mutuel et l’envie de construire ensemble un monde meilleur, un monde de CRACS en somme ! Joyeux Noël !

Nathalie Flament
nathalie.flament@resonanceasbl.be