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Liberté retrouvée…
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11/01/2008

11/01/2008

Hier, Clara Rojas et Consuelo Gonzàlez, otages colombiennes des FARC (Forces armées révolutionnaires colombiennes) depuis respectivement 5 et 6 ans, ont été libérées. Elle ont retrouvé leur famille dans la soirée. Elles avaient l’air en bonne santé. Leur libération ravive l’espoir dans le cœurs des proches des autres otages aux mains des FARC et regonfle la motivation des comités de soutien à travers le monde. L’occasion de s’interroger sur ces événements et leur violence.

« Bienvenue à nouveau dans la vie »

C’est par ces mots que le Président Vénézuélien Hugo Chavez a accueilli les deux rescapées. Cette phrase résonne particulièrement car on sait que chacune d’elle a sans doute vécu l’enfer lors de leur séquestration. Si on n’en sait moins sur la détention de Consuelo Gonzàlez, en revanche, on a appris l’histoire de la détention de Clara Rojas. sa césarienne en pleine brousse, qui l’a contrainte à rester immobile pendant 40 jours, en plein combats entre les FARC et l’armée régulière, la séparation avec son bébé, Emmanuel et la maltraitance que celui-ci a subie par la suite. Il va leur falloir à tous bien du courage pour surmonter pareille expérience.

Etre otage, c’est l’enfer

La séquestration (retenir quelqu’un contre sa volonté) arbitraire (sans raison) est une des tortures les plus perverses inventées par l’homme. Tout d’abord, l’otage est soumis au bon vouloir de son gardien, il est privé de liberté et n’a plus aucun droit, il doit se soumettre à tout ce qu’on voudra de lui. Etre otage, c’est être à la merci. Ensuite, être otage, c’est craindre tout le temps pour sa vie. Si on perd de la valeur pour son ravisseur, il risque de se débarrasser de vous et de vous tuer pour effacer ses traces. Si on essaie de vous délivrer et que vos ravisseurs sont poursuivi, vous pouvez vous retrouver dans le champ de tir, ou pire, les FARC tuent leurs otages si on essaye de les libérer par la force. On peut aussi tout simplement mourir car on oublie de vous nourrir ou car on ne vous permet pas de vous soigner.

Pour comprendre l’état psychologique d’une personne séquestrée, vous pouvez lire la Biographie de Malika Oufkir (avec Michèle Fitoussi) (2000), La prisonnière, aux Editions LGF.

Colombie et violence

Même si notre émotion est due au caractère universel de la barbarie qu’on subie ses femmes, cet épisode n’en est pas moins typiquement colombien. La Colombie est un Etat démocratique. Les écarts économiques y sont grands mais pas plus que chez les voisins vénézuéliens ou brésiliens. Pourquoi y a-t-il dans ce pays une guerrilla marxiste qui enlève des otages, alors ?

Si on en croit Juan-Carlos GUERRERO BERNAL, doctorant en sociologie à l’EHESS et spécialiste de Relations Internationales de l’IEP de Paris, c’est la violence, plus que le contexte économique et politique, qui détermine la situation en Colombie. En effet, si les causes du combat changent, l’affrontement demeure car il paie, grâce au narco-traffic et aux enlèvements, et car les groupes armés ont des ramifications à l’intérieur de la société. La violence a fini par créer un contexte propice à sa reproduction.

Cette violence plus de 4200 personnes séquestrées la subissent actuellement en Colombie. Moins deux. C’est beaucoup et c’est peu à la fois.

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