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Libertad !
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24/02/2006

24/02/2006

Libertad !

Le 23 février 2002, Ingrid Betancourt est enlevée par la guérilla des FARC, en Colombie. Le 23 février 2006, on y pense. On y repense. Mobilisation internationale. Mais derrière ce 23 février symbolique, que se passe-t-il ? Quelle est la situation actuelle ?

La rage au cœur...

« Je m’appelle Ingrid Betancourt, j’ai 40 ans, je suis mère de deux enfants. Je suis aussi sénatrice de mon pays, la Colombie [...]. C’est dangereux [...] A deux reprises la mafia a tenté de me tuer. Je suis consciente du danger, mais il ne me fera pas reculer. » (La rage au cœur, 4e de couverture, Edition XO, Paris, 2001)

En février 2002, Ingrid était candidate aux élections présidentielles de Colombie. D’abord députée, elle n’a eu de cesse de dénoncer les collusions entre le pouvoir et les narcotrafiquants. Elle fonde même son propre parti « Oxigène » et remporte pour le Sénat le plus grand nombre de voix au niveau national. Mais elle est vite convaincue que la seule façon de changer le système est de se faire élire à la présidence en mai 2002.
C’est donc au tout début de la campagne électoral, et en route vers un meeting politique qu’elle, et sa collaboratrice Clara Rojas, sont enlevées par les FARC (Forces Armées Révolutionnaires de Colombie) le 23 février 2002.

Ingrid Betancourt combat un double ennemi : les FARC et le pouvoir corrompu. Les premières pratiquent un kidnapping de masse - par son enlèvement, Ingrid a en effet donné un nom et un visage à des milliers d’anonymes (on parle de plus de trois mille) qui sont en ce moment retenus en otage dans le pays. 80 % de tous les enlèvements au monde ont lieu en colombie - Sans parler de la collusion des FARC avec les narcotrafiquants. De l’autre côté, il y a le pouvoir, corrompu jusqu’à la moelle et en cheville avec les paramilitaires qui commettent des malversations abominables avec les mafias, les cartels de drogue, etc. ce que dénonce Ingrid depuis dix ans.

« Nous ne serons libres que lorsque tu le seras ».

Alors depuis ce 23 février 2002, on se mobilise. Pourquoi ? Pour continuer d’informer et sensibiliser sur la tragédie colombienne et ses milliers d’otages. Pour accroître la pression internationale : l’opinion publique internationale continue plus que jamais d’exiger une solution humanitaire et non militaire.
Cette solution humanitaire a d’ailleurs été amorcée le 13 décembre dernier : trois pays européens (France, Espagne et Suisse) proposent la création d’une zone démilitarisée sous contrôle international (180 kilomètres carrés libérés de toute présence de forces armées de Colombie ainsi que de rebelles) pour négocier un accord humanitaire qui rendrait la liberté à une soixantaine d’otages dont Ingrid Betancourt. Le gouvernement colombien, sous la houlette de Alvara Uribe, a accepté la proposition. Les FARC, eux, même s’ils font semblant de ne pas avoir entendu cette proposition, ne l’ont pas encore refusée... espoir.

En attendant, de par le monde, des centaines de mobilisation s’organisent autour de la famille Betancourt et des comités de soutien : concerts, conférences, cérémonies, portraits sur les façades de mairies, marathons, etc.
Prenons l’exemple le plus spectaculaire, au sens de show médiatique, la chanson Dans la jungle de Renaud. Extrait :
Qui te citent Staline
Ou te lisent Mao
A toi qui, j’imagine
Préfèrerais Rimbaud

Peut-être, comme moi,
Les croyais-tu naguère
Fils de Che Guevara
Et porteurs de lumière

Mais leur lutte finale
Leur matin du grand soir
C’est la haine et le mal
Et surtout les Dollars

Nous t’attendons Ingrid
Et nous pensons à toi
Et nous ne serons libres
Que lorsque tu le seras

Anne-Claire

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