Les préjugés, toujours ancrés.

En 2016, les préjugés sont toujours présents. Certains n’ont pas évolué. « Les femmes ne savent pas conduire », « les noirs sont plus forts physiquement »… C’est simple, il suffit de citer le mot « préjugé » pour que ceux-ci s’entrechoquent dans nos esprits. Comme les stéréotypes, ils sont bien souvent connotés négativement. Mais afin de bien comprendre la différence entre stéréotype et préjugé, une réelle distinction s’impose.

Il s’agit, en effet, de deux concepts très proches et assez difficiles à distinguer. Le stéréotype est souvent considéré comme l’image que nous avons des autres, du groupe. Cela s’apparente à une tendance à attribuer des caractéristiques à une personne uniquement parce qu’elle fait partie d’un groupe ou d’une culture. Les stéréotypes sont, d’ailleurs, souvent véhiculés par le cinéma, la littérature, le sport ou encore la publicité. Le stéréotype est donc plutôt collectif alors que le préjugé est plus individuel et normatif. Rien que le verbe « préjuger » fait directement référence à une idée préconçue. Face à l’inconnu, les êtres humains vont utiliser les préjugés disponibles pour se faire une opinion sans rien remettre en question. On peut donc dire que les préjugés se nourrissent des stéréotypes.

Mais il faut être conscient que les préjugés et les stéréotypes négatifs sont tout autant menaçants pour notre société et peuvent parfois mener à une hostilité radicale. Cela fait très longtemps que notre société véhicule de nombreux clichés. Mais d’où viennent-ils ? Avec le temps, de nombreux experts ont constaté que tout cela est issu d’un simple processus de catégorisation qui consiste à placer des personnes ou des objets dans différentes catégories (classes, types) en fonction de leurs similarités. Car pour mieux connaître ce qui nous entoure, nous passons forcément par ce processus. Il préside aux stéréotypes mais ce sont des choses que nous croyons et toutes les croyances sont apprises dès le plus jeune âge. [1]

Par exemple, en 40 ans, les préjugés sur le viol ont très peu évolué. En 1976, les hommes disaient que les femmes qui se faisaient agresser étaient « celles qui le voulaient bien », que « tout dépendait de leur tenue »… Selon un récent sondage réalisé par France TV, 4 Français sur 10 pensent que les victimes de viol peuvent avoir une attitude provocante. [2]

Sur la question du genre, les clichés ont aussi la vie dure. Assumer son homosexualité en tant que personne publique peut encore constituer une véritable difficulté. [3]

Nous sommes encore nombreux à nous demander comment de tels clichés peuvent encore exister aujourd’hui…

Il faut savoir que retirer une fausse idée de la tête de quelqu’un n’est déjà pas « chose aisée » mais cela l’est encore moins lorsque celle-ci est relayée par toute une culture. Les discours, souvent entendus et, relayés par certains médias, obscurcissent les opinions. Et il est plus facile de se laisser guider naïvement que d’avoir sa propre vision.

En effet, les individus ont naturellement tendance à favoriser la vision de leur propre groupe et à la juger plus positivement que celle des autres groupes. [4]

Les préjugés et les stéréotypes sont donc de réels freins dans les rapports humains. Il est primordial de comprendre comment ils fonctionnent et surtout, d’apprendre à les questionner. Chacun a donc une part de responsabilité. C’est ensemble et dès le plus jeune âge qu’il faut en prendre conscience afin de réellement pouvoir rencontrer l’Autre.

Gaëlle Wanegue
Conseil Jeunesse Développement