
Les "Produits blancs" contre l’Entreprise
Depuis une semaine, un spot promotionnel sur les médicaments génériques est apparu à la TV. Il nous propose de payer nos médicaments tout en gardant la même efficacité. La solution : les génériques.
Mercredi, la radio nous informait que les médecins avaient reçu la liste des médicaments qu’ils avaient prescrits au cours de l’année. Le but de cette info étant de les encourager à prescrire des médicaments bon marché : les génériques.
Dans l’industrie pharmaceutique, les marques existent aussi. Elles réalisent des recherches et créent de nouveaux médicaments. Elles les mettent sur le marché avec tout le look attaché aux marques et fixent le prix avec une marge bénéficiaire considérable.
Le médicament générique est la copie d’un de ces médicaments de marque. Il est composé des mêmes molécules et donc son efficacité est identique. C’est le principe de bio-équivalence. Le prix de ces médicaments est beaucoup moins cher (environ 25%).
Pourtant, on ne peut produire des génériques de tout quand on veut. Les originaux sont protégés par des brevets et ne peuvent être copiés avant l’expiration de celui-ci. C’est l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) qui décide de la durée des brevets. En général, il faut attendre 20 ans pour que le prix des médicaments diminuent et qu’ils deviennent accessibles à tous. 20 ans, quand on doit lutter contre une maladie telle que le SIDA, c’est long.
L’OMC... l’Organisation Mondiale du Commerce décide les lois sur les médicaments...
C’est étrange...
Moi, je pensais que les médicaments étaient inventés pour soigner les gens. Je croyais qu’ils étaient conçus pour aider les populations. Qu’ils étaient des services publics en quelque sorte. Je ne pensais pas qu’ils étaient considérés comme des biens commerciaux, comme des produits de consommation.
Selon les firmes pharmaceutiques, les brevets et les marges bénéficiaires sont prévues pour financer les recherches pour découvrir d’autres médicaments. Mais pour MSF, cela n’en justifie pas le prix. L’industrie pharmaceutique annonce chaque année, une croissance de 10 % de ses bénéfices.
Quand on voit les démarches commerciales énormes que les entreprises pharmaceutiques déploient pour que les médecins prescrivent leurs produits, on se doute que leur visée n’est pas purement humanitaire et que les enjeux financiers sont beaucoup plus importants.
Les producteurs de génériques ne font pas de publicité. La campagne qui est sur nos écrans pour l’instant est une campagne d’utilité publique, réalisée par l’Etat. Sans publicité, ils restent méconnus du grand public et nous ne pensons pas à les acheter.
De plus, nous ne sommes pas habitués à choisir nos médicaments : on se dit que c’est le médecin qui sait. Dommage car si nous lui demandions de nous prescrire le générique, la molécule, ça nous coûterait nettement moins cher.
Le médicament générique, c’est comme les produits sans marque, c’est l’alternatif des soins de santé.
Emilie Many
emany@cjc.be
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