Les jeunes, victimes ou criminels dans les quotidiens

Dans la presse écrite, on parle beaucoup des jeunes, principalement de ceux âgés de 19-30 ans, mais sans vraiment leur donner la parole. Les jeunes sportifs ont aussi plus souvent la cote. Découvrons ensemble le nouveau baromètre [1] des jeunes dans la presse écrite et quelques pistes pour améliorer leur image.

L’Association des Journalistes Professionnels (AJP) et le service de la jeunesse de la Fédération Wallonie-Bruxelles ont présenté, début juillet, l’étude [2] de la représentation des jeunes dans la presse quotidienne francophone. Cette étude fait un premier constat en démontrant qu’on parle des jeunes dans un peu moins de 50% des articles analysés et ce sans vraiment leur donner la parole. En y regardant de plus près, 43% des articles qui parlent des jeunes concernent la tranche d’âge 19-34 ans.

Deuxième constat : les articles sur les jeunes traitent généralement du sport (50%), vient ensuite l’art/culture/divertissement/loisirs (15%) et les faits divers (11%). L’image de la jeunesse est, dans ce sens, assez partagée. D’un côté, l’image du jeune est connotée négativement, principalement pour les cadets qui sont dépeints soit comme victimes pour les 3-12 ans soit comme acteurs d’actes répréhensibles pour les 13-18 ans. De l’autre côté, elle est positive à partir de 18 ans et surtout pour la catégorie d’âge allant de 26 à 30 ans, notamment en ce qui concerne les performances sportives.

Troisième constat : dans la plupart des cas (presque 69%), les jeunes présents dans la presse sont des sportifs. Tous les jeunes de 3-12 ans et 50% des 13-18 ans sont présentés comme des élèves et étudiants. Les autres représentent des travailleurs issus de formations tels que des infirmiers, éducateurs…ou issus d’études de type long. En découle le lieu d’intervention. Logiquement le terrain de sport apparait de manière prépondérante (pour 52% des cas), mais paradoxalement la rue et le quartier arrivent en deuxième position (17%), ce qui n’est pas le cas de l’école ou de l’université.

Enfin dernier constat, la diversité des jeunes est disparate. La proportion fille-garçon est déséquilibrée (30-60) ; celle-ci retrouve néanmoins son équilibre si les articles liés au sport ne sont pas comptabilisés. L’origine blanc-non blanc correspond respectivement à une proportion 2/3 - 1/3. La présence de personne ayant un handicap identifiable n’atteint pas les 1%.

Agir pour améliorer l’image des jeunes

Parallèlement à ce baromètre, un guide des bonnes pratiques [3] a été réalisé par le même comité d’accompagnement. En partant des clichés tels que « les jeunes ne sont pas concernés par l’actualité » ou « l’image des jeunes n’est pas ce que nous sommes réellement », ce guide présente une partie des initiatives déjà réalisées dans le but de relier jeunes et presse écrite.

Le guide évoque notamment l’opération « Ouvrir mon quotidien » qui distribue les journaux dans les écoles, opération parallèle à celle de « Journaliste en classe », qui propose à l’enseignant d’inviter un journaliste dans son école. On découvre aussi l’initiative « Parlons jeunes » du Délégué Général aux Droits de l’enfant qui consiste à donner la parole aux jeunes à travers différents médias sur une thématique. D’autres exemples présentent le jeune, actif dans le média, comme le projet « Move in Africa » encadré par La Libre Belgique qui aident les jeunes à médiatiser leur voyage en Afrique, le projet « Jef », qui propose un magazine par et pour les jeunes ou encore le projet « Bondy Blog » qui rassemble des articles de jeunes citoyens non-journalistes.

Par ailleurs, le guide présente le point de vue des rédacteurs en chef quant à ces initiatives. Une perspective plutôt positive en vue de nouvelles collaborations.

Sophie Lapy
Action Ciné Médias Jeunes