Les alternatives à l’intervention armée : La Suède, un modèle à suivre

De nos jours la tendance générale est d’utiliser la force armée dans la majorité des crises. Quand on sait que la population civile est souvent la principale victime des interventions armées - voire l’unique cible des attaques - il est urgent de penser aux alternatives non violentes. Et elles existent ! Pour cause, la Suède les applique depuis une vingtaine d’années. Qu’avons-nous à apprendre de la politique étrangère suédoise pour faire face aux menaces actuelles ?

De nouveaux acteurs sont apparus sur la scène internationale à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle. Les rapports de force et l’ordre mondial en sont changés, parallèlement à l’émergence de nouvelles menaces : crises financières, alimentaires, écologiques, sociales ; ainsi que le terrorisme, la criminalité organisée, les trafics illégaux, la corruption, la cyber-criminalité, etc.

La défense, fonction vitale d’un pays, est prise en charge par l’armée. Elle protège la population et l’État en cas d’attaque armée ou de crise, et assure l’intégrité territoriale nationale. Ces risques sont réels, et une force armée formée et équipée est indispensable à un État. Or la justice, la dignité et la liberté sont plus qu’essentielles pour la construction d’une paix durable et véritable.

Une intervention armée qui les ignore ne peut établir qu’un déséquilibre dangereux. Par ailleurs, combien d’analyses de menaces se sont révélées être des instruments pour l’application de politiques profitant à l’industrie de l’armement ?...

La militarisation, quand elle n’est pas la réponse à une menace directe sur le territoire ou la population, relève aussi parfois d’une logique géopolitique. Et la Suède nous prouve que d’autres moyens sont à disposition dans ce cadre.

Le modèle suédois

La Suède se démarque au niveau mondial par une vocation neutre et internationaliste. N’ayant plus connu de conflit depuis 1814 – elle est restée neutre pendant les deux guerres mondiales -, son principe est clair : « non-participation aux alliances en temps de paix et visant la neutralité en cas de guerre ».

Elle participe à l’opérationnalisation et au financement de missions de maintien de la paix des Nations Unies. La contribution à la paix et à la sécurité internationales font d’ailleurs partie des missions officielles des Forces armées suédoises.

Ce pays scandinave a un rôle reconnu de médiateur international. Il met en place une diplomatie informelle qui vise à faire avancer le processus de résolution de conflits internationaux par la construction d’un dialogue et d’une relation de confiance entre les parties. Il faut noter également le rôle pionnier de la Suède dans la formation du personnel suédois et international qui participe aux opérations de maintien de la paix, et dans la recherche académique sur la polémologie et l’irénologie.

Premier pays du monde à instaurer la liberté de la presse en 1766, il est très actif dans les pays en développement. Il y œuvre en faveur de la promotion de la paix et de la sécurité ainsi que du respect des droits fondamentaux, notamment à travers les projets de l’Agence suédoise pour la coopération internationale au développement.

La capacité d’influence de la Suède au sein de la communauté internationale est donc remarquable au regard de son poids démographique, militaire et politique. Cette alternative à la défense armée est nécessaire pour stopper le mode de gestion des crises faisant la part belle à l’agressivité tous azimuts.

Ces actions belliqueuses entraînent la création de nouveaux équipements militaires : Drones, armes chimiques et cyber virus sont les témoins les plus controversés de cette évolution . Et pourtant l’article 51 de la Charte des Nations Unies oblige tous les États à épuiser tous les autres moyens pacifiques à disposition avant d’avoir recours à la menace ou à la force armée.

L’intervention armée peut être efficace et légitime dans certains cas, mais attention aux conséquences : exactions sur la population civile, escalade de la violence, transferts d’armes… la liste est dramatiquement longue ! En dépit des nombreux débats sur la révision de la politique étrangère de la Suède, il est primordial de rappeler que la résolution non violente des conflits, le contrôle démocratique des forces armées et le respect du droit international doivent alors être considérés comme des priorités pour assurer un monde plus sûr, autrement dit, a wonderful world

Alice Vrinat
Volontaire à la Commission Justice et Paix