08/02/2008

Les Américains votent pour des images

Barack Obama, Hillary Clinton, John McCain… Sauf grosse surprise, l’un des ces trois candidats sera le prochain président des Etats-Unis. Une fois n’est pas coutume, on peut les reconnaître du premier coup d’oeil : un homme afro-américain plutôt jeune, une femme blanche, un homme blanc âgé. Mais un choix politique ne se fait pas du premier coup d’œil. Ou je me trompe ?…

L’apothéose des prochaines élections présidentielles américaines aura lieu au mois de novembre. Pour simplifier, les Américains choisiront alors entre deux candidats, un démocrate et un républicain. Les médias nous les présenteront invariablement comme un véritable duel entre deux personnalités dont le charisme semble bien plus important que les idées. Un président représente son pays, d’accord, mais il gère aussi sa destinée. Surtout aux Etats-Unis, où le président concentre beaucoup de pouvoir entre ses mains.

Nous n’y sommes pas encore, mais les primaires actuelles nous offre déjà un premier duel. Le camp démocrate est dominé par la course au coude à coude entre Barack Obama et Hillary Clinton, qui n’est pas sans rappeler le récent Sarko-Ségo des présidentielles françaises... Ici, ce n’est pas parce qu’ils sont du même parti qu’on a pas l’embarras du choix entre leurs différences : homme ou femme, afro-américain ou blanche, jeune ou moins jeune…

Et les responsables de campagne l’ont bien compris. Ils jouent allègrement sur ces différences d’image pour mettre en valeur leur champion. Mais doivent parfois être subtiles.

Par exemple, aucun candidat ne va bien sûr critiquer l’autre sur la couleur de sa peau. Mais en même temps Obama exploite ses origines pour faire les yeux doux au différentes minorités ethniques du pays. Et ce n’est pas un petit avantage : un quart de la population des USA n’est pas blanche.

La question du genre est aussi à double tranchant. Hillary Clinton tente de rassembler les votes des femmes, ce qui pourrait lui donner un avantage certain. Mais, même chez les démocrates, les couches plus conservatrices de la population sont encore pleine d’a priori et n’imaginent pas une femme à la tête de leur pays. Y gagnera-t-elle donc vraiment ?

Les jeunes aussi jouent un rôle dans cette élection. Ces dernières années, ils sont de plus en plus à aller voter. Et ces voix supplémentaires sont très convoitées. Car il faut savoir qu’aux USA, le vote n’est pas obligatoire.

Et à ce jeu-là, c’est Obama qui a la cote. Il est devenu une idole pour beaucoup de jeunes fatigués de la politique poussiéreuse et élitiste que leurs parents. A tel point qu’il est devenu très tendance d’afficher sa préférence pour lui sur les campus américains.

Mais face à la mode, les discours ne pèse plus très lourds. L’image prime. L’équipe d’Obama le sait bien. Son programme n’est d’ailleurs pas très précis et simplement axé sur le ras-le-bol, le changement. Histoire que le plus de jeunes possibles puissent facilement s’y retrouver.

Quant à John McCain, républicain rétrograde et va-t-en-guerre, disons qu’on ne voudrait pas avoir à le reconnaître du premier coup d’œil tous les jours dans les médias ces quatre prochaines années…

Benoît Lambo
blambo@cjc.be