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Selon nous
Le monde a peur de la grippe… depuis bientôt 100 ans.
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30/04/2009

30/04/2009

Depuis le week-end dernier, les médias nous rabattent les oreilles avec la grippe porcine/mexicaine ou virus AH1N1. On suit au jour le jour les déclarations des médecins, des gouvernements, des autorités sanitaires et médicales mondiales. Plutôt que de jouer à faire peur, le « décryptons l’actu » vous parle cette semaine de la grippe… espagnole. Parce qu’un exemple vaut souvent mieux qu’un long discours.

D’abord la grippe, c’est quoi ? C’est un virus qui provoque des épidémies saisonnières (automne-hiver) car il se transforme chaque année et se transmet assez facilement par les voies respiratoires. Ca vous cloue au lit avec des courbatures, des maux de tête et de la fièvre, mais ce n’est pas mortel, ou très peu (0,15% des malades). En plus de nombreuses mesures sont pour en limiter les dégâts (vaccinations, soins, hygiène,…).

Se replonger dans l’histoire permettre de mieux comprendre le présent. Vos professeurs, d’histoire-géo, vous l’on sans doute déjà dit. Prenons les au mot !

Le virus de la grippe est un mutant, comme les X-men, et peut parfois devenir plus agressif, contaminant encore plus facilement et provoquant des symptômes plus virulents. En effet, la grippe n’est pas mortelle, elle affaiblit le malade et d’autres maladies (pneumonie, déshydratation) en profitent pour se développer qui peuvent entraîner la mort. Plus elle affaiblit, moins on peut résister aux autres maladies et plus il peut y avoir de décès.

C’est ce qui c’est passé en 1918 avec la grippe espagnole. Entre septembre 1918 et juin 1919, celle-ci a contaminé plus d’un milliard de personnes (la moitié de la population mondiale de l’époque) et entraîné entre 30 et 60 millions de morts (3% des malades), faisant plus de tués que la première guerre mondiale qui s’achevait alors. J’avais dit qu’on ne vous ferait pas peur ? C’est vrai, car …

L’Homme tire la leçon de ses erreurs

La pandémie de 1918, première de l’ère moderne, s’est déroulée dans un contexte particulier : la fin de 4 années de guerre, dans un monde divisé et qui n’avait pas les connaissances que nous avons maintenant. Qu’est ce que ça change ?

Pendant une guerre mondiale, il y a une concentration de troupes venant de pays différents et des déplacements de soldats assez fréquents. De plus, on n’a pas averti les populations des pays en guerre du danger du virus car il ne fallait pas que l’ennemi soit au courant de l’affaiblissement de l’armée. C’est d’ailleurs pour ça que cete grippe est « espagnole » car l’Espagne, pays neutre, a été la première à publier des informations au sujet de l’étendue de la pandémie sur son territoire.

Ensuite, on s’est rendu compte que les transports ferroviaires et maritimes ont servi à amener le virus dans le monde entier et que les villes ont comptabilisé le plus de décès car la population y est concentrée.

La propagation a donc été plus que facilitée par les humains. Les rares pays qui ont réussi à maintenir un quarantaine ou dont la population était disséminée ont été épargnés.

Viennent s’ajouter les conditions médicales et sanitaires de l’époque. Les populations épuisées par 4 années de privations et de pénuries étaient déjà dans un état de faiblesse propice aux développement de maladies. En plus, même si les antibiotiques, qui permettent entre autre de traiter la pneumonie, étaient déjà inventés, ils n’étaient pas encore utilisés pour soigner les malades. Depuis lors, la médecine a fait de grand progrès dans le traitements des pathologies liées à la grippe.

Au niveau mondial, la grippe espagnole a permis une prise de conscience. On sait désormais qu’il faut se mettre ensemble pour lutter contre les pandémies grâce à des mesures de prévention, comme la surveillance des souches et épidémies de grippe, la diffusion d’informations sur les moyens de protection mais aussi la promotion de la santé dans son acceptation la plus large. On a également mis en place des mesures curatives comme des plans d’action en cas de pandémie ou des centres de recherche sur la grippe. C’est l’OMS, créée à cette occasion, qui se charge de coordonner ces mesures au niveau mondial.

Dormez bonnes gens, tout va bien ? ! ?

Maintenant vous savez que l’on sait comment réagir à une pandémie de grippe très virulente et qu’a priori on est préparé. Le travail des experts nous permet même de savoir que, statistiquement, on prévoit qu’il devrait y avoir une pandémie dans les années qui viennent, c’est pour cela que la vigilance est grande.

Pour le reste, la grippe est une maladie à prendre au sérieux, surtout quand elle devient plus agressive. Est-ce une raison pour faire entrer le monde entier dans la psychose ? Soyons raisonnable, vivre, c’est prendre des risques, celui d’être malade en est un…

Dominique VITRY
dvitry@cjc.be



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