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Le génocide rwandais, le drame de la « fausse identité »
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9/04/2009

10/04/2009

Depuis le 6/04/2009, on commémore le 15ème anniversaire du génocide rwandais. Certains d’entre nous sont assez âgés pour se souvenir des événements tragiques de ces 100 jours d’avril, mai, juin 1994. Hutu, Tutsi, Radio mille collines, les tueries à la machette, l’inaction de la communauté internationale, … Les autres en ont entendu parler autour d’eux, dans les médias, via des films comme « Hotel Rwanda » ou « Shooting Dogs », on en parlait d’ailleurs déjà dans cette rubrique. Mais cette douloureuse célébration est surtout l’occasion de revisiter une bien triste histoire commune…

Une histoire commune à plus d’un titre…

D’abord un petit retour en arrière. Le Rwanda était une colonie belge. L’influence de notre pays là-bas a donc été importante jusqu’en 1962, et continue à se ressentir bien des années plus tard. Sans bien en mesurer les conséquences, les Belges ont semé le vent dans la région. Les Rwandais ont récolté la tempête… Une explication ?

De la genèse des ethnies à la haine fratricide

On croit souvent, à tord, que Hutu et Tutsi sont des ethnies différentes. En fait, il n’en est rien car ils partagent la même langue, tout une série de traditions et vivaient, avant l’arrivée des colonisateurs dans des clans composés de Hutu, Tutsi et Twa, un troisième groupe moins connu et moins nombreux. L’organisation de la société rwandaise était en somme plus proche de celle des castes indiennes car à chaque groupe était associé une statut socio-professionnel et des fonctions politiques. Les Tutsi, éleveurs, se situaient en haut de l’échelle sociale alors que les Hutus, agriculteurs, et la Twa, chasseurs-cueilleurs pigmés, complètaient la hiérarchie sociale vers le bas.

En arrivant dans ce pays, les colonisateurs, Allemands, mais surtout Belges, on cru déceler des différences physiques et intellectuelles entre les groupes et décrétèrent, dès les années 30 que les Tutsi étaient une ethnie supérieure aux deux autres. Ils entreprirent alors un traitement différencié des Rwandais en fonction de cela : carte d’identité ethnique, accès aux études supérieures et fonction de « relais coloniaux » réservés aux seuls Tutsi. Imposant l’idée d’un élitisme basé sur la race et non plus en lien avec la fonction. De plu,s les Belges alimentèrent les rancunes des uns contre les autres afin de contenir les volontés d’indépendance rwandaises.

Un terreau de haine raciale s’accumula ensuite jusqu’aux années 90 car l’Etat rwandais cotinua a fonctionner selon cette perception ethnique et connut plusieurs épisode de massacre et d’exil de population majoritairement tutsie. Lors que des exilés, en grande partie Tutsi, décidèrent de rentrer au pays dans les années 90, déstabilisant le pouvoir en place, cela mit le feu au brasier de la haine raciale, construit pendant plusieurs décennies sur des principes totalement faux.

Une histoire bien triste ou la bêtise des uns conduit les autres à la mort.

15 ans plus tard, le Rwanda a bien du mal à envisager de reconstruire un pays uni avec une identité commune à tous les citoyens. Les ethnies d’hier ayant fait place dans la conscience collective à d’autres catégories et notamment à a dichotomie douloureuse et potentiellement dangereuse entre victimes et bourreaux.

Des événements douloureux qui doivent nous interpeller pour ce qu’ils disent sur l’identité nationale. Sur quoi repose la différence entre deux groupes ? Que veut-elle dire et qu’apporte-t-elle à l’organisation d’une société ? Autant de questions qui se posent aussi bien là-bas qu’ici et qui doivent servir de leçon à tout ceux qui montent une communauté contre une autre. Ne refaisons pas deux fois la même bêtise...

Dominique VITRY
dvitry@cjc.be



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