
Ce vendredi est jour de commémoration du génocide rwandais. Le génocide. Terme que l’ONU définit comme « un ensemble d’actes commis dans l’intention de détruire, tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux comme tel ».
Ce drame rwandais de 1994 n’est pas le seul. Certains génocides sont reconnus pénalement comme celui des juifs, des arméniens, des non-serbes. Mais d’autres cas de massacres d’êtres humains sous prétexte d’une caractéristique arbitraire existent au cours du 20ème siècle.
Le génocide est un processus. Différents éléments interagissent à un moment donné et engendrent le phénomène de massacre d’un groupe par un autre. Ce n’est pas une cruauté « innée » dont sont atteint les auteurs de tels crimes. Petit à petit, le système autour d’eux les place dans une certaine situation et ils n’en sortent plus.
La société est en situation de crise, de guerre.
Un peuple a du ressentiment envers un Autre, des sentiments de frustration et d’humiliation.
L’Autre est marqué, défini comme différent de nous et « à cause de qui... »
Des discours publics d’hommes d’Etat ou d’autres hommes reconnus acceptent ou encouragent l’exécution de l’Autre.
L’Autre est l’ennemi, il est déshumanisé, animalisé. Il est le mal qu’il faut éliminer.
Les communications médiatiques ou personnelles (rumeurs) donnent raison au massacre.
L’environnement, les pays voisins, l’opinion publique ne réagissent pas à l’annonce du massacre.
L’influence du groupe (pression à la conformité, contagion) uniformise les opinions et les actions.
De façon individuelle, un événement traumatisant rend la suite irréversible (le premier meurtre par exemple)
...
A posteriori, le monde entier condamne les massacres d’un groupe humain et s’interroge sur ce qui a mené à « ça ». Pourtant, personne ne peut dire qu’il n’y aura plus jamais de génocide. Il se peut que tous les éléments qui mènent à ces drames se reproduisent. Et cette possibilité ne peut que nous faire réagir.
Nous avons un peu le sentiment que cela se déroule loin de nous, que ça n’arrivera plus jamais ici et que nous ne pouvons pas en influencer le cours.
Pourtant, nous pouvons agir de 1000 façons différentes. Nous pouvons
alimenter les liens sociaux que nous entretenons avec nos proches
nous soucier de contexte international et soutenir les ONG qui militent
voter pour des partis démocratiques
respecter chacun sans discriminations de race, de religions
essayer dialoguer plutôt que se juger
chercher à comprendre les situations de façon complexe, les causes multiples
rencontrer des gens de cultures et de milieux différents
s’investir dans l’associatif
interpeller le politique
...
Et encore des milliers de comportements humains posititfs.
Emilie Many
emany@cjc.be
Le 19/04/2006, le film « Shooting dogs » sur le thème du génocide au Rwanda sortira en salles.
Pour plus d’infos d’analyse des massacres : http://www.ceri-sciences-po.org/publica/question/qdr7.pdf
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