Le droit à l’homosexualité, entre rêve et réalité

Au cours des vacances scolaires, de nombreux stages sont organisés afin d’occuper nos chers petits. Il en existe une large gamme et est bien difficile celui qui ne trouve pas chaussure à son pied. Mais ce n’est pas, ici, l’objet de cet article, quoique… Des stages d’un genre nouveau ont vu le jour et portent sobrement le nom de « séminaire de guérison de l’homosexualité ». Mais, au fait, les homosexuels sont-ils malades ? Ne s’agirait-il pas d’une élucubration montée de toute pièce par des gens « bien-pensants » ?

L’homosexualité, une maladie mentale ?

Le 17 mai dernier, la journée mondiale contre l’homophobie a été célébrée. Par diverses actions, elle prévient et sensibilise afin de lutter contre l’homophobie, la lesbophobie , la biphobie et la transphobie. La première journée de ce type a eu lieu en 2005, 15 ans après la suppression de l’homosexualité de la liste des maladies mentales répertoriées par l’OMS. Que des médecins, du vingtième siècle puissent étiqueter l’homosexualité comme une maladie mentale semble aberrant et cependant …

En juin 2011, une association de médecins allemands proposait encore un traitement homéopathique pour guérir de l’homosexualité ...‎Tandis qu’en France, l’association « Torrents de vie » offre des séminaires de guérison de l’homosexualité tout en faisant paradoxalement preuve « d’ouverture » : ses services s’adressent tout aussi bien aux personnes seules qu’aux couples. Ouverture ou appât du gain ? Les prix affiché sont tout de même conséquents : 700 euros par couple (ou 410 par individu).

Manifestations en France

Au cours de ces dernières semaines, les médias ont largement diffusé des images de la croisade menée par les valeureux hétérosexuels français. L’objet de leur montée au créneau ? Le mariage pour tous. Ils contestent, notamment, le droit pour chacun de fonder une famille sous prétexte qu’un enfant élevé par un couple homo ne pourra pas s’épanouir pleinement. Le seul modèle parental crédible étant celui du couple hétérosexuel et marié. Cela signifie-t-il qu’un enfant grandissant dans une famille recomposée ne peut pas être heureux ? Le modèle hétérosexuel est loin d’être le seul et l’unique. Un enfant élevé par un couple homosexuel a tout autant de chances de se développer harmonieusement : l’important étant l’amour et l’attention qui lui seront portés.

Des perspectives rassurantes

Autrefois, les revendications des homosexuels concernaient leur droit à une sexualité différente sans que celle-ci ne soit identifiée comme une pathologie mentale dont il fallait guérir. Aujourd’hui, les mentalités ont évolué ainsi que leurs demandes : droit au mariage, à l’adoption pour reconnaitre à chacun le droit de vivre un amour tant désiré.
Certains pays ont déjà légiféré en ce sens dont les Pays-Bas qui furent les premiers à légaliser le mariage homosexuel (2001) avant que la Belgique ne leur emboite le pas (2003).

Et pourtant …


Alors que les Pays-Bas et la Belgique peuvent être qualifiés d’exemple en la matière, il subsiste encore, là aussi, des difficultés à accepter l’autre dans sa différence :
-  Au Pays-Bas, une seconde loi a dû être votée en 2011 afin de contraindre tous les officiers de l’état civil à marier les couples homosexuels. Certains d’entre eux refusaient de célébrer leur union sous prétexte que « Dans la Bible, il est écrit que le mariage doit se faire entre un homme et une femme ».
-  En Belgique, Julien Coppens, le directeur général de l’Asbl Les Petits Riens, pose la question suivante dans un édito « Est-ce mal de penser que l’homosexualité est une maladie ? » et y répond par d’autres questions, tout aussi interpellantes : « Est-ce mal de croire que l’homosexualité est une maladie ? Est-ce condamnable d’espérer que l’on pourra les guérir ?… ».

Certes ces faits ne remettent pas en question les droits parfois difficilement acquis par la population homosexuelle dans ces deux pays mais ils suscitent néanmoins la réflexion sur une tolérance, somme toute, bien relative. En Russie, par contre, pas de place pour la mansuétude : Moscou a refusé, une nouvelle fois, l’organisation d’une gay-pride sous prétexte que les russes doivent « œuvrer au respect de la moralité et enseigner le patriotisme à la jeune génération, et non pas des aspirations étranges ».

Ces trois exemples, parmi tant d’autres, démontrent donc qu’il reste du chemin à parcourir pour accélérer l’ouverture de tous à tous.

Florence Vandesteene
Permanente pédagogique Résonance
florence.vandesteene@resonanceasbl.be