
Cette semaine, le discours du Roi a rempli les colonnes de la presse et remis certaines questions à l’ordre du jour. Quel est le rôle du souverain ? Peut-il exprimer une opinion politique ? Mais aussi, la Belgique doit-elle rester un seul Etat ? La séparation de la Belgique ne vaut-elle pas mieux ? etc. etc.
Ces considérations semblent un peu disproportionnée par rapport à un simple discours suggérant que, la réponse aux situations de vie inégales n’est pas dans un "séparatisme explicite ou feutré". Mais ne crachons pas sur la possibilité de débattre, surtout si cela nous concerne directement, nous et notre pays.
Aujourd’hui, les raisons les plus souvent citées pour justifier une scission sont :
les différences culturelles et linguistiques,
le facteur socio-économique,
la politique.
La Flandre et la Wallonie ne parlent pas la même langue. Mais bien au-delà de cette différence linguistique, c’est tout notre système culturel qui est autre. Nous interagissons, pensons, nous habillons, vivons différemment. C’est ce qui fait la spécificité d’une culture. N’y a-t-il que deux cultures en Belgique ?
Que la Belgique crève... Cela arrêtera les inutiles querelles entre les flamands et les wallons. On pourra alors se disputer entre ardennais et brabançons, entre borains et liégeois. Et, on y ajoutera aussi les germanophones. Plus nous scinderons notre pays, plus nous créerons des différences entre les gens, des identités particulières. Continuellement.
En plus, on a beau être un tout petit pays, on a 3 langues officielles, des champions du monde dans plusieurs disciplines sportives, des auteurs littéraires et d’autres artistes mondialement reconnus, des forêts vallonnées, des villes superbes, la côte, des plaines immense, un port. Aussi bien notre histoire que les réalisations belges actuelles sont riches de leur diversité.
Le facteur socio-économique revient souvent dans les propos des séparatistes. La Wallonie est aujourd’hui économiquement et socialement plus pauvre que la Flandre. La solidarité a un coût qu’il est parfois pénible d’assumer. Cela a-t-il toujours été comme cela ? Non. Est-ce une raison pour couper la Belgique en deux ? Non, c’est un alibi.
A l’ère de l’Europe, il ne servirait à rien de scinder la Belgique. L’UE a pour objectif d’uniformiser au maximum les législations. La plupart des textes juridiques en sont issus et le seront de plus en plus. Aussi, proportionnellement à la taille de notre pays, nous disposons d’une voix importante dans la construction européenne. Se couper en deux diminuerait notre impact européen de façon considérable.
Cette question fera encore l’objet de nombreuses polémiques. Et pourtant, les partisans de la Belgique ne sont que rarement pro-actifs par rapport aux arguments. Ils se contentent de répondre et de justifier. Comme nous venons de le faire ici. Anticipons, positionnons-nous, rions ensemble de nous et de la famille royale, mettons en avant notre belgitude. Il suffit que les Diables rouges gagnent un match important pour qu’elle se vive et s’exprime bruyamment.
Emilie Many
emany@cjc.be
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