Le crowdfunding : trucs, astuces, nouveautés

Le financement communautaire et participatif est né au XVIIIe siècle dans le domaine des actions de charité. Il s’est diversifié avec l’apparition d’Internet, dès le milieu des années 1990. Aujourd’hui, différentes possibilités et variations, qui relèvent du crowdfunding, sont offertes aux associations et individus qui souhaitent y avoir recours. Ces formes de soutien sont caractérisées par un fonctionnement qu’il est nécessaire de connaître afin d’en profiter au mieux.

Le financement participatif (en anglais crowdfunding) peut présenter une alternative pour donner du souffle à des projets sociaux et culturels. Il consiste à faire appel à un grand nombre de personnes afin de financer un projet. La somme promise par le ’’donneur’’ est débitée si le montant minimum prévu par le promoteur du projet est atteint. La plupart des plates-formes de crowdfunding récupèrent 5 à 10% du montant collecté, comme rémunérations.

D’après une étude du groupe d’audit KPMG [1], le crowdfunding se développe plus lentement en Belgique que chez ses voisins.

En plus des plates-formes “classiques”, d’autres initiatives se développent. A titre d’exemple, MyMicroInvest collecte des fonds auprès du grand public et également d’investisseurs privés pour le financement de start-up. La plateforme Goteo propose également du crowdsourcing à savoir du partage d’outils ou de compétences ; ces partages peuvent s’effectuer en ligne mais il peut également s’agir de vrais coups de main.

D’autres initiatives existent dans des milieux voisins. Par exemple, Socrowd cherche à apporter une bouée financière à des initiatives durables dans le secteur social, culturel et de la santé. Cette plate-forme néerlandophone est basée à Bruxelles. En France, Helloasso est la première plate-forme de financement participatif dédiée aux associations. Sa particularité est d’être un service 100% gratuit. Les sommes collectées sont entièrement reversées aux associations. À quand des plateformes identiques en Belgique francophone ?

Si ce financement peut faire réver, il faut être conscient que 12% des projets se clôturent sans aide [2]. Une enquête récemment publiée par l’Université de Bologne, focalisée sur la plate-forme de crowdfunding Kickstarter, a notamment, relevé que plus les montants sont élevés, moins la probabilité d’atteindre l’objectif fixé est grande. En effet, 60% des projets qui recherchent 2.000 dollars au moins atteignent leur but. Ce pourcentage tombe à 17% pour les projets de 50.000 dollars et plus. En d’autres mots, il ne faut pas se montrer trop gourmand.

Aussi, le crowdfunding pose certaines questions. N’y a-t-il pas un risque à ce qu’il se substitue à la sphère publique ? Ne risque-t-il pas, dans le futur, de servir à palier un désengagement de l’Etat ?

Comptes de projet

Lorsqu’une organisation ne peut pas bénéficier directement d’un agrément qui permet la déductibilité fiscale des dons octroyés, elle peut ouvrir un compte de projet auprès de la Fondation Roi Baudouin. Moyennant le respect de certaines conditions, celle-ci offre alors la possibilité aux donateurs de bénéficier de la déductibilité des montants consentis à titre de dons à ces projets.

Trois fois par an, la Fondation Roi Baudouin [3] lance un appel pour la sélection de projets à promouvoir. Ceux-ci sont généralement orientés vers des projets culturels et sociaux. Pour introduire une demande auprès de ce compte de projet, il doit s’agir d’un projet au service de la société, limité dans le temps, en dehors du champ d’action courant de l’organisation et avec un budget clairement réalisable. En outre, le projet doit s’inscrire dans le cadre des activités de la FRB. Si votre association veut ouvrir un tel compte, il lui faudra donc, d’abord, identifier un projet spécifique susceptible de susciter l’enthousiasme des donateurs.

La Fondation de BNP Paribas Fortis s’est également intéressée au financement participatif. Le mécénat de cette fondation accompagne les asbl par le biais d’un partenariat avec la plateforme Ulule. [4]

En conclusion

L’accession aux subsides, sésame pour la réalisation de projets, est désormais plurielle. Les citoyens ont maintenant leur mot à dire dans le lancement de nouvelles idées, de nouveaux défis. De plus avec la révolution virtuelle, les échanges ne se font plus seulement avec ses voisins mais se sont ouverts à un public plus large voire international. Aidons-nous et surtout SOUTENONS-nous les uns les autres et les initiatives fleuriront !

Veronica Arduino
Chargée de projets et relations extérieurs - CJC
varduino@cjc.be

Pour aller plus loin
http://www.infocrowdsourcing.com/plataformas/crowdfunding-goteo-org/
https://www.apce.com/pid14215/crowdfunding.html?espace=1&&pagination=2#Principales%20plateformes
http://www.goodmorningcrowdfunding.com/definition-du-crowdfunding/