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Selon nous
Le carnaval, c’est consensuel
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23/02/2007

23/02/2007

La Saint Valentin, c’est que du marketing. La nouvelle année, c’est convenu. Noël a perdu son sens. Les fêtes sont très souvent l’objet de critiques et de rejet. Cette semaine de Carnaval pourtant, rien de tout cela. Le carnaval semble quasi faire l’unanimité.

Prêtons-nous au jeu de la critique...

Le carnaval, c’est pas original. Si, c’est l’extravagance, chacun peut laisser partir son imagination. Les normes habituelles sont transgressées. Le déguisement, le masque, la fête, l’originalité sont valorisés. Sa valeur dépend notamment de la fantaisie.
Le carnaval, c’est le chaos. Faux, le carnaval est ritualisé. Le temps, l’espace, les cérémonies, tout est codifié. Les membres du carnaval ont des rôles et des devoirs. Les événements sont ordonnés par la tradition. Les lignées familiales sont importantes.
C’est pas rentable. Si, c’est même une bonne affaire. Commercialement, c’est bon pour tous. Le public prend du plaisir, boit, mange, dépense son argent. Il est heureux de ses transactions. De l’autre côté, les établissements horeca ont des rentrées, le tourisme de la région est promu, etc. Tout le monde y gagne.
C’est chacun pour soi. Sûrement pas. Au carnaval, pas question de s’amuser seul. Toute la région est mobilisée, en effervescence. Pas d’individualisme, la fête doit être collective. La joie se répand aussi sur les "extérieurs" qui sont venus partager les festivités.
C’est pas reconnu. Faux, les carnavals sont connus et considérés. Appartenir à une région célèbre pour son carnaval est un honneur qui rejaillit au-delà des frontières locales. Même si l’on habite pas la région, la reconnaissance en tant Patrimoine culturel de l’humanité apporte une certaine fierté.
C’est pas très efficace. Si, tout comme une usine de production : l’organisation, la logistique, les costumes, l’accueil, tout doit rouler. Et cela tourne, ça fonctionne. Sauf événement dramatique, les rouages carnavalesques ne sont pas remis en question.
C’est figé. Non, le carnaval est un projet parmi d’autres. Ca bouge. Chaque année, pour un laps de temps limité, on s’y investit pleinement puis on change. En tant que public aussi, on varie. Les différents lieux de tradition carnavalesque permettent de passer d’un à l’autre.

Le Carnaval n’est donc ni individualiste, ni rigide, ni banal, ni dénué d’ordre, ni inconnu, ni inefficace. Les critiques pouvant porter sur l’un de ces aspects seraient de toute façon, contrées par les autres. Globalement, le carnaval ne peut donc être que consensuel.

Emilie Many
emany@cjc.be

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