Le bonheur, une valeur montante

Depuis quelques mois, le bonheur est une valeur très à la mode. Tout le monde en parle, partout et certains noms, comme celui d’Ilios Kotsou [1], deviennent de plus en plus célèbres. Petit tour d’horizon de quelques notions phares.

Premièrement, il y a ceux qui nous présentent des recettes toutes faites du style, "Pour être heureux, croyez en vous, soyez positifs et vous attirerez le bonheur !" Un peu simplistes, ces théories atteignent vite leurs limites. En effet, il arrive que même la personne la plus positive du monde ne soit pas toujours au top et se demande où se cache le bonheur. Dans ces théories, les bénéfices semblent être plus à destination des auteurs que du bonheur des lecteurs.

A côté de celles-ci, il y a des théories qui émergent ou qui reviennent au goût du jour et qui semblent plus réalistes. Parmi celles-ci, citons la pleine conscience (Ch. André), l’éloge de la lucidité (I. Kotsou) ou encore faire le choix du bonheur (M. Andersen)... Ces diverses approches parlent de l’importance d’être conscient de ce que nous ressentons, d’être présent à nos émotions et à nous-mêmes. Elles nous encouragent à être lucide face à la vie, qui n’est pas toujours un long fleuve tranquille, à l’accepter et à prendre nos responsabilités face aux évènements. Ne nous arrivent-ils pas de choisir plus volontiers de voir une situation d’un point de vue négatif ? Et si nous avions envisagé les choses différemment, les aurions-nous vécues de la même façon ? Peut-être pas !

Comme le propose André Maurois [2] "Le bonheur n’est pas dans les évènements. Il est dans le cœur de ceux qui les vivent". Nous serions donc les responsables de notre bonheur dans le sens où nous sommes libres de la façon dont nous choisissons de vivre les événements qui nous touchent. Cette théorie remet vraiment l’individu au centre de la réflexion en tant qu’acteur de sa vie. Selon cette approche, nous avons toujours le choix face à une situation, même si parfois, par facilité ou en fonction des circonstances, nous désignons les autres comme responsables…

Et les OJ dans tout ça ?

Via nos missions CRACS, n’est-il pas est important que nous puissions transmettre aux jeunes ce recul critique, qu’ils puissent s’écouter, décoder leurs émotions, ce qu’ils ressentent et surtout se faire confiance ? N’aurions-nous donc pas un rôle d’apprentissage au bonheur à jouer auprès des jeunes ? Encore un ? Et oui, pourquoi ne pas proposer aux jeunes un accompagnement au bonheur. Cela pourrait peut-être leur apprendre à désamorcer certaines situations de crise. Qu’ont-ils ressenti face à cet événement, comment ont-ils réagi ? Enfin, cela pourrait également permettre de les aiguiller s’ils étaient confrontés à une situation similaire à l’avenir : à quoi seraient-ils attentifs ? Que voudraient-ils mettre en place pour vivre cela de manière plus posée, plus adéquate ? En d’autres mots, il s’agit d’aider ces jeunes à accepter les émotions qu’ils ont ressenties, leur permettre de poser des mots dessus [3] et les encourager à se constituer une réserve d’actions possibles face à des évènements du même type.

Débora Ghislain
Permanente pédagogique – Résonance asbl
debora.ghislain@resonanceasbl.be

[1Titulaire d’un master en sciences du travail et formé à la thérapie brève, Ilios Kotsou a travaillé pendant plus de quinze ans en tant qu’expert et formateur dans le domaine de la gestion des conflits et du changement (notamment pour Médecins Sans Frontières). Il est cofondateur de l’association Emergences qui vise à partager les connaissances scientifiques et à financer des projets humanitaires. Auteur d’ouvrages sur l’intelligence émotionnelle et la psychologie positive, il consacre ses recherches aux émotions et à leur impact sur notre bien-être individuel et collectif. www.ilioskotsou.com

[2In Marie Andersen, faire le choix du bonheur, Ixelles édition, novembre 2013

[3Pour en savoir plus sur le sujet n’hésitez pas à consulter l’ancrage intelligence émotionnelle de Résonance asbl.