Le bonheur est-il dans les prés ?

Il y a quelques jours, la radio m’a appris que je ne réside pas dans une des communes ou l’on vit le mieux… Ensuite, j’apprends que je devrais vivre soit dans une commune germanophone ou dans l’axe Bruxelles-Arlon et en particulier dans les zones rurales. Mais alors, si je veux bien vivre, suis-je obligé de déménager ?

Avant de commencer mes cartons, j’ai d’abord été consulter la carte et effectuer quelques recherches sur sa création. La carte a été réalisée par l’IWEPS, une institution publique scientifique, créée en 2004, dont la mission principale vise à la production de connaissance et de conseil stratégique non seulement au service de l’ensemble du Gouvernement Wallon et des pouvoirs publics au sens large, mais également au service des forces vives de la Région comme les partenaires sociaux ou encore le monde académique. Dans le cadre de ses missions, l’IWEPS contribue à l’élaboration d’un système d’indicateurs aptes à dresser un état des lieux des performances économiques et du progrès sociétal en Wallonie et ce depuis 2012. Travail qui a permis l’émergence de l’ICBE - Indice des conditions de bien-être - qui sert de base à la construction de cette carte.

Ce qu’on y découvre :

Comme déjà décrypté en janvier 2014, les notions de PIB ne suffisent pas pour mesurer le bonheur, mais c’est bien une combinaison de 60 indicateurs qui permet d’analyser celui-ci. Ces 60 indicateurs sont classés en 8 grandes familles : moyens de vie ; cadre de vie et environnement ; relations avec les institutions ; relations entre les personnes ; équilibres sociaux ; équilibres personnels ; sentiments de bien/mal-être ; valeurs, attitudes, initiatives et engagement. Ces indicateurs sont combinés afin de former un indice qui permettra d’effectuer un classement des communes.

Il est intéressant de se pencher sur quelques résultats. Les anciens bassins industriels ont des indices faibles, alors que la majorité des communes germanophones et des communes de l’Axe Bruxelles-Arlon-Luxembourg ont un indice fort. Il faut évidemment savoir que plus l’indice est élevé, mieux c’est ! Le fait de vivre dans un milieu rural et de petite taille augmente également l’indice. D’une manière générale, l’étude démontre aussi que l’indice a augmenté dans toutes les communes par rapport à l’étude précédente.

L’article explique « qu’il s’agit bien d’un indice des conditions du bien-être, et pas d’un indice du bien-être. Il montre comment votre commune dispose des atouts pour assurer le bien-être de ses citoyens, et rien que cela ». Me voilà rassuré, je ne vis pas dans une mauvaise commune mais dans une commune qui rassemble moins de conditions propices au bonheur. Or, il est évident pour tout le monde que ce n’est pas parce que toutes les conditions sont réunies que les choses se réalisent. A cela s’ajoute que certaines des communes les moins bien classées possèdent, quand même, certains indicateurs classés dans les meilleurs. Prenons l’exemple de la ville de Charleroi ; celle-ci possède un des indices les plus faibles. Pourtant, quand on y regarde de plus près, on constate que, dans les domaines des soins et de la santé ou encore de la mobilité et des commerces de proximité, la ville possède certains des meilleurs indicateurs. De même, au niveau de l’équité dans les revenus décents, Charleroi arrive en tête de liste !

A la fin de cette journée, je sais donc que je ne dois pas déménager juste parce qu’une carte m’a mis dans le rouge. Et je me dis que, vu qu’il y a 60 critères (actuellement), il va m’être impossible de trouver THE PLACE TO BE et que c’est donc à moi d’être acteur de mon bonheur en fonction de mes besoins. En effet, mon environnement a un impact sur mon bonheur mais c’est surtout mes actions, mes choix et le regard que je porte sur ce qui m’entoure qui contribueront à construire mon bonheur. C’est donc en travaillant la vision du verre à moitié plein et en mettant en place ce dont j’ai besoin, moi l’individu, qui me fera être bien.

Bref, pour moi, ma ville est dans le vert car quand il fait chaud, j’y trouve des bonnes terrasses avec mes amis autour.

Et vous votre ville est au vert pour quelle raison ?

Guillaume Lair-Duée
Animateur pédagogique
guillaume.lairduee@resonanceasbl.be

Envie d’aller plus loin : http://www.iweps.be/sites/default/files/icbe_2015_rapport_de_recherche_final_0.pdf