La toile n’oublie jamais …

Aujourd’hui, pour peu que l’on soit engagé en tant que citoyen, nous disposons de bon nombre de moyens afin de faire entendre et partager nos opinions, croyances, événements, … Le lieu qui a permis une telle profusion d’expressions les plus diverses est internet. Que l’on soit féru du net ou au contraire l’un de ses plus virulents détracteurs, on ne peut contester qu’il soit un lieu offrant une certaine liberté d’expression. Certes le web participatif offre une multitude d’atouts mais il peut aussi être le lieu de dérives. En effet : peut-on parler de liberté si l’on exerce ce droit pour critiquer sans vergogne et détruire ?

Prouve que tu existes !!

Les événements, heureux ou malheureux enflamment la prose littéraire des lecteurs de journaux ou revues en ligne. Certains d’entre eux écrivent pour partager leurs expériences, échanger autour de sujets qui les passionnent. D’autres y trouvent un exutoire, un moyen comme un autre de sortir la tête de son boulot, de pousser des coups de gueule salutaires. Dans les deux cas, leurs commentaires peuvent être pertinents et participer à la construction d’un savoir « citoyen ».
Toutefois une partie de ce public postent de nombreux commentaires déplacés ou inappropriés au sujet traité par l’article qui ne rencontre pas leur adhésion voir leur niveau de compréhension. Fleurissent alors des réflexions bêtes, méchantes, outrageantes… Dans quel(s) but(s) ?

Et pourtant, à travers le magma de ces propos outrageants, les internautes eux-mêmes sont capables de relever les propos extrêmes et d’en débattre avec leurs auteurs. Ceci relève davantage d’une démarche CRACS, démarche bien plus efficiente sur les plans éthique et pédagogique qu’une censure pure et simple (mais ce n’est pas faisable dans tous les contextes, évidemment).

Le « web-strot »

Dans ce cadre, les internautes ne sont donc pas consommateurs de produits mais de contenus, il est donc important de laisser place aux interactions, partages d’expériences, opinions. Aujourd’hui le web est le nouveau bistrot virtuel du coin qui permet aux internautes de la terre entière (du moins dans les pays où le firewall n’est pas de mise) de lire les « billets » de leurs concitoyens, d’établir des discussions autour de sujets très diversifiés. Mais hélas, comme dans tous lieux d’échange, les conversations peuvent déraper ; d’où la nécessité de modérer les commentaires.

La netiquette

Pas de papiers à montrer, encore moins de portiques de sécurité à passer ; bien souvent les internautes les plus virulents et irrespectueux agissent sous le couvert de l’anonymat. Afin d’éviter leurs débordements, des solutions peuvent être envisagées dont la netiquette. La Netiquette est un ensemble de règles de savoir-vivre (respect, tolérance, politesse, …) pouvant être résumée comme suit : « Ce que vous ne feriez pas lors d’une conversation réelle face à votre correspondant, ne prenez pas l’Internet comme bouclier pour le faire ».

Mots figés

Le web permet de réagir par écrit, et l’écrit par définition fige les mots. Il est donc important de faire attention à ce que l’on dit et à la manière dont on le dit. En effet, la toile n’oublie jamais : les commentaires que vous avez déposés sur l’un ou l’autre sujet restent accessibles très longtemps !! Soyons CRACS, participons à la construction d’un web citoyen en partageant nos opinions, nos connaissances. Toutefois, n’oublions pas d’agir de manière respectueuse : la liberté d’expression doit auparavant avoir fait l’objet d’une liberté de pensée réflexive, aboutie. Ma liberté ne vaut que si je tiens compte de celle de l’autre !

Florence Vandesteene
Permanente pédagogique
florence.vandesteene@resonanceasbl.be