
Différents exemples d’actualités nous le montrent, nous vivons au sein d’une société régie par le contrôle du risque, le « Principe de précaution ». Il faut tout prévoir et tout contrôler. Si un accident provient, c’est qu’un ou plusieurs êtres humains ont commis une faute. Il faut enquêter, les nommer et les punir. Un accident ne peut arriver.
Le risque. On le cherche, on le fuit, il nous attire et nous fait peur. Il est vécu différemment quand on est seul, en petit groupe, en masse...
Alors qu’à titre individuel, l’homme est souvent tenté par des conduites « à risque », il ne supporte pas que la société, les politiques le mettent « en péril », que la société soit un danger. L’homme tout puissant ne peut se permettre de laisser quelque chose hors de son contrôle. La mode est au « Risque 0 ».
Les décisions publiques environnementales, sanitaires, judiciaires, internationales sont prises selon le « Principe de précaution ». La règle est : s’il y a des doutes, s’il n’est pas prouvé qu’on ne risque rien, alors on ne fait pas, ou bien, on fait contre. On anticipe parce qu’on craint le pire. On supprime des élevages d’animaux susceptibles de transmettre des maladies, par exemple.
Ce principe de précaution, nous l’utilisons à chaque instant, parfois inconsciemment. Nous évaluons les dangers et les bénéfices de nos actions. Nous ne traversons pas une rue lorsqu’une voiture arrive... ou alors vite,... en courant.
Ce n’est pas cette évaluation qui est à mettre en cause, ce sont les décisions que nous prenons à cause de ce principe. On déclare la guerre à un pays qui « risque » d’utiliser des armes nucléaires contre nous. On met en prison des innocents qui risquent de commettre des crimes. On laisse les enfants toute la journée devant la TV car dehors, ils « risquent » d’être en danger...
Du coup, on croit que tout est sous contrôle, qu’il ne peut rien arriver. S’il arrive quelque chose, c’est qu’il y a un coupable. Quelqu’un ou quelques uns n’ont pas fait ce qu’ils devaient. Ils savaient qu’ils devaient le faire et ils ne l’ont pas fait. Ils n’ont pas été assez prudents. Il faut les punir. Et comme ça, tout sera réglé, contrôlé.
A tout moment, il faut être capable de prouver qu’on a été prudent, qu’on n’a pas fauté. Et la présomption d’innocence dans tout ça ? ? ?
Cette attitude nous incite à la léthargie, puisque dès que nous agissons, nous risquons d’être coupables. Mais si nous allons dans cette voie, nous ne faisons qu’y contribuer.
Soyons responsables ! ! ! Agissons de façon responsables mais AGISSONS. Ne rentrons pas dans l’inactivité par peur du risque. Des milliers de jeunes le font d’ailleurs chaque semaine en s’engageant pour d’autres jeunes au sein des Organisations de Jeunesse.
Emilie Many
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