La science-fiction bientôt réalité

Depuis près d’un siècle nous fantasmons sur les robots et les travaux pénibles et dangereux qu’ils pourraient éviter aux êtres humains. Les technologies évoluent et ce rêve devient de plus en plus souvent réalité au quotidien. Mais avec quelles conséquences ?

Issus des langues slaves, le mot robot signifie esclave ou travailleur dévoué. Dès le début, il fut imaginé pour réaliser des tâches dans le but de faciliter la vie quotidienne des êtres humains.

Les exemples de robots, au sens de machines mécaniques et électroniques programmées pour exécuter des tâches répétitives ou pénibles, sont nombreux dans notre quotidien : robots ménagers pour la cuisine, cafetières ou machines à laver à départ différé, aspirateurs ou tondeuses se promenant seul, etc.

Le domaine de la science-fiction s’est emparé de l’idée, et l’a bien développée. On ne peut passer à côté d’Isaac Asimov, en particulier, qui a écrit nombres de nouvelles et de romans sur le thème des robots à forme humaine. Il est particulièrement connu pour avoir conçu les trois lois de la robotique, censées protéger les humains de robots, plus fort, plus rapide, et dénué de sentiments…

Rapidement, dans la science-fiction, il est question de se protéger des robots qui peuvent nuire à l’humanité. Conçu pour faire des travaux pénibles, ils sont puissants et parfois indestructibles. Mais dénués d’états d’âme et de sentiments, pour ne pas être source d’erreur ou d’accident comme le facteur humain, ils prennent froidement les décisions logiques qu’impose la situation. Un autre fantasme est né : celui d’une révolution des esclaves robots qui prennent le contrôle de l’humanité, voire la détruisent. Des exemples ? Matrix, I, Robot, ou moins connu, Robopocalypse de Daniel H Wilson, qui a même prévu, dans une interview, la manière dont il faut s’y prendre pour survivre à une attaque de robots. S’il l’on redoute leur comportement, c’est parce que, faisant les robots à forme humaine, l’homme les imagine capable des mêmes pensées et sentiments que lui. Il se projette dans sa création. Au-delà de la science-fiction, les accidents sont possibles. Pour tenter de les éviter, certains robots actuels qui interagissent avec des êtres humains sont équipés de capteurs de pression afin de en pas blesser des tissus vivants (muscles, peau, …).



De la vie en communauté à l’assistance de robot équipé
Les robots actuels, parlons-en ! De plus en plus perfectionnés, capables de déplacements de plus en plus fluides, de mouvements de plus en plus précis, de reconnaissances de leur environnement, ils sont affectés à des tâches de plus en plus proches de notre quotidien. Après l’industrie, l’exploration spatiale, le milieu médical, c’est maintenant le secteur des services qu’ils investissent. Des modèles d’assistance sont testés pour le moment auprès de personnes en perte d’autonomie. Ils sont capables de détecter un corps allongé et de prévenir les secours si la personne ne parvient pas à se redresser. L’objectif ? Maintenir des personnes chez elles le plus longtemps possible… pour faire des économies. Masi aussi par crainte de manque de main d’ouvre. Nous vivons plus longtemps qu’auparavant et le papy-boom est à nos portes…

La question qui se pose alors est que, dans notre société où l’isolement prime, ces robots prennent la fonction remplie auparavant par la communauté : tondre la pelouse (source du premier argent de poche pour certains), retirer de l’argent de son compte en banque, faire les courses avec le self-scan ( il est possible de ne parler à personne en faisant ses courses !), faire le pain et le café, jouer (nombre de jeux vidéo proposent de se battre contre la machine), se déplacer en chaise roulante, nourrir un enfant quand la mère ne peut allaiter (nourrice vs tire-lait), surveiller des personnes dépendantes ou malades, indiquer le chemin à quelqu’un qui est perdu, … Est-ce inévitable ? Les plus nostalgiques regretteront l’époque ou l’entraide allait de soi parce que les lieux de vie étaient plus partagés. Les plus progressistes trouveront génial d’avoir du temps libéré et que des tâches pénibles soient prises en charge par des machines. Dans le soutien aux personnes dépendantes, les moments dans lesquels les robots prennent le relai sont ceux les plus pénibles (de nuit), ou pendant lesquels aucun proche n’est disponible.

Que les tâches réalisées par des robots libèrent du temps, personne ne pourra s’en plaindre. Mais la manière de réinvestir ce temps peut être propre aux priorités de chacun : s’investir dans du social, du relationnel, du développement personnel au travers d’activités artistiques… ou multiplier les activités économiques et lucratives. De plus, en délégant certaines tâches à des robots, certains êtres humains se déchargeront sans remord de leurs devoirs et obligations envers leurs proches. Puisqu’un robot s’occupe des grands-parents, cela permet d’aller se promener…

Une fois de plus, il appartiendra à chacun de choisir, en fonction de ses valeurs, de la place qu’il donnera aux robots dans son quotidien. Et s’il le fait, de choisir comment occuper le temps libéré…

Cédric De Longueville
Permanent pédagogique – Resonance ASBL
cedric.delongueville@resonanceasbl.be



Pour aller plus loin :
http://www.metrofrance.com/high-tech/la-revolution-des-robots/mkcv !RtWhBnB5lOr6o/
http://www.rue89.com/2012/05/08/bientot-des-robots-pour-assister-vieux-et-malades-231977
http://www.la-fin-du-monde.fr/2009/12/comment-survivre-a-un-soulevement-des-robots/