"La robe rouge", opéra 2010

Opéra 2Quand on entend "opéra", on pense architecture classique, rideaux rouges et tapis épais qui étouffent les pas des souliers grandes occasions. On n’imagine pas 119 adolescents d’une école tisser une histoire, composer les dialogues, choisir les types de musique... Le collège Roi Baudouin prouve le contraire, avec brio !

Jeudi 24 juin a eu lieu l’unique représentation de La Robe Rouge, opéra de création collective en 5 actes, au théâtre 140 à Schaerbeek. La salle emplie de parents, frères et sœurs, enseignants, animateurs, attendait avec impatience le fruit de ces longues semaines de travail et des dernières journées de répétition. Difficile de tenir tout le monde en alerte et silencieux, quand il y a 40 personnes sur scène et 79 en coulisses et qu’il fait chaud ! Mais une fois sur scène, chacun a tenu sa place comme il ou elle le devait, dans les chœurs du fond de la scène, ou devant les feux de la rampe.

Un opéra qui leur ressemble

Si Verdi s’est inspiré d’Alexandre Dumas pour La Traviata, La Robe Rouge parle des rêves véhiculés aujourd’hui, qui font briller les yeux des jeunes. Victoria est fille unique de M. Miller, un homme riche mais strict, qui s’emporte lorsque celle-ci lui dit qu’elle souhaite devenir mannequin. Glamour, fric, précarité, mafia, kidnapping... Sous chaque tableau transperce un imaginaire ancré dans 2010, mais répondant également aux codes du genre de l’opéra. Les thématiques transcendent notre quotidien pour s’inscrire de façon intemporelle, comme les œuvres de ce genre.
Opéra 1

Pas évident de chanter juste, de se rappeler de son texte, quand on n’est ni musicien professionnel, ni amateur, et qu’il y a 119 personnes à coordonner. Mais jeudi 24 juin, en tant que spectateurs, on a à peine vu les mini couacs ; on a surtout pu admiré le travail de longue haleine d’écriture, de mise en scène, de création collective de ces jeunes. Le challenge n’était pas de discipliner 119 adolescents turbulents pendant 20 minutes sur scène à la fin de l’année scolaire. L’objectif était de donner corps, voix et visuel à une œuvre originale qui leur ressemble, d’un art qui ne fait rien pour les approcher. Défi réussi ! Chapeau bas à Bernard Guillemin, le prof de musique qui a cru dans la réalisation de ce projet fou, aux encouragements de l’équipe pédagogique et de la direction du collège Roi Baudouin. Les partenaires Entrez Lire et Indications ainsi qu’Anim’Action ont apporté leur contribution tout au long de l’année.

Laetitia