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Selon nous
La rentrée littéraire
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15/09/2006

15/09/2006

Tous les ans, entre la fin du mois d’août et le début du mois d’octobre, les journalistes et les libraires sont littéralement assaillis par une avalanche de livres. Selon Livres Hebdo, la revue destinées aux professionnels du livre, il y aura 683 nouveaux romans (475 dans le domaine francophone et 97 dans le domaine étranger) à digérer. Comment expliquer une telle affluence sur une période aussi courte ?

La course aux prix

Le phénomène de la rentrée littéraire s’explique principalement par la course aux prix littéraires qui sont décernés entre la fin du mois d’octobre et le début du mois de novembre. Il y a le grand prix de l’Académie française, le Prix Renaudot, le Prix Médicis et le Goncourt, le plus prestigieux d’entre eux. La plupart de ces prix sont symboliques. La somme reçue par l’auteur est dérisoire. Par contre les ventes des livres primés explosent et font entrer les lauréats, ceux du Goncourt en tous cas, dans le cercle fermé des très gros vendeurs. Lorsqu’un livre qui n’est pas un best seller, comme les Amélie Nothomb, est vendu à quelques milliers d’exemplaires (sur la France et dans les pays francophones) c’est presque un succès. Mais les ventes d’un Goncourt s’estiment à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires sans compter la vente des droits de traduction qui se négocient à de biens meilleurs tarifs lorsque le livre à été couronné par un prix.

Le déroulement

La rentrée littéraire lance la course aux prix, c’est donc le moment le plus important de l’année pour la plupart des grands éditeurs. Ce moment est géré de façon paradoxale. Dans un premier temps, ils inondent le marché pour occuper un maximum d’espace sur les tables des libraires. La bataille se resserre ensuite très rapidement sur quelques titres auxquels sont consacrés la plupart des articles de presse. On peut estimer qu’on parlera environ de cinquante à quatre-vingt titres dans les médias et qu’ils se concentreront à fond sur une dizaine. L’année dernière, après une campagne médiatique qui ressemblait plus à un lancement commercial qu’à un débat littéraire, la sortie du livre de Michel Houellebecq avait quasiment occulté toute production de la rentrée. Cette année, c’est le livre de Jonathan Littell qui tient le haut du pavé, à plus juste titre nous semble-t-il.

Quelle attitude ?

Face à ce premier foisonnement qui se réduit brutalement en entonnoir, les professionnels du livre ont parfois un peu de mal à trouver leurs repères. Que dire alors des lecteurs... A Indications, nous avons décidé depuis longtemps de prendre un peu de recul par rapport à cette frénésie. Dans notre numéro de rentrée nous parlons plutôt des livres qui sont sortis avant les vacances et nous attendons le numéro de décembre pour parler de cette fameuse rentrée en essayant de mettre l’accent sur les livres qui ont été négligés parce qu’on leur a préféré des stars en se préoccupant souvent assez peu de la réelle valeur littéraire.

Thierry Leroy
Secrétaire général d’Indications

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