La marque à la pomme croquée par le New York Times

Au cours de cette dernière décennie, Apple est devenu l’une des entreprises les plus prospères de par le monde : la sortie de chacun de ses nouveaux produits provoquant un véritable engouement.
Voilà pour la face visible de la pomme mais un ver grouille à l’intérieur.
Quels sont les profits réalisés par l’entreprise au détriment des ouvriers. Quels sont les manquements identifiés par rapport au bien-être des travailleurs ? Quelles en sont les conséquences ? Revenons sur ce qui a suscité une vague d’indignation et de protestation chez Apple.

Main d’œuvre peu coûteuse pour une rentabilité juteuse

Alors que certains investissent dans l’achat d’un iPad au coût dispendieux (à partir de 479 euros), l’hebdomadaire britannique The Economist indique que le coût lié à la main d’œuvre chinoise n’intervient que pour 2 % dans le prix de revient d’un iPad. De fait, de conception américaine, la fameuse tablette prend vie dans les sombres usines chinoises, les sous-traitants profitant des conditions sociales réduites voire inexistantes dans un pays où le bien-être des travailleurs n’est pas une priorité. Dans l’empire du milieu, vivent des hommes qui, afin de faire vivre leur famille, acceptent de travailler 12 heures sans discontinuer et ce sans pause aucune si ce n’est une tasse de thé.

« Bloody Apple » ?

De nombreux ouvriers sont morts au service de la pomme. Ces décès sont liés à des faits tout aussi interpellant les uns que les autres.

  • Le suicide : en juillet 2009, un jeune homme de 25 ans se donne la mort en se jetant du douzième étage de son dortoir. Des agents de sécurité de l’usine l’ont brutalisé sous prétexte qu’il avait perdu l’un des seize prototypes d’iPhone 4G.
    Li Hai, un jeune homme de 19 ans, trouve la mort en mai 2010 après seulement 42 jours dans le centre de formation de l’usine de Shenzhen du fabricant Foxconn. Usine où ont eu lieu 12 suicides entre janvier et mai 2010
  • Les empoisonnements : en 2009, 137 travailleurs de l’usine Wintek Corp à Suzhou sont intoxiqués par un produit chimique toxique utilisé pour nettoyer le verre des écrans des téléphones.
  • Les explosions : l’explosion de l’usine de Foxconn en mai 2011 à Chengdu, en Chine, a fait quatre morts et 18 blessés parmi les employés.



Qui est coupable ?

Néanmoins, Apple ne peut être tenue pour seule responsable de ces différentes situations. Les politiques gouvernementales locales le sont également : ils séduisent les éventuels investisseurs en invoquant le faible coût de la main d’œuvre.
Cependant, le seul véritable fautif n’est-il pas le gouvernement chinois ? Avec une main mise sur toute l’économie du pays et l’instauration du Grand Firewall, censure d’Internet en Chine il ne permet pas aux managers et aux experts d’avoir accès aux informations nécessaires pour améliorer la sécurité des lieux de production. Ce système empêche toute forme de communication tant au niveau des conditions de travail que de la consultation occidentale (les managers et autres experts n’ont pas accès aux informations nécessaires afin d’améliorer la sécurité des lieux de production).

Un code de conduite made in… Apple

Suite à cette publication du New York Times, Apple annonce la mise en place des mesures dont un « code de conduite » pour les fournisseurs de la société. Quant à Tim Cook, le nouveau patron d’Apple, il a mis sur pied une vaste campagne rassérénante sous forme d’un mail envoyé aux 45.000 salariés du groupe. Mail dans lequel il affirme la réelle sollicitude du groupe vis-à-vis de ses travailleurs. Quand on sait que la firme a connaissance des conditions de travail chinoises depuis de nombreuses années, on ne peut que rire jaune.

Pour conclure

Simone de Beauvoir affirmait qu’ « Aucune action ne peut se faire pour l’homme sans se faire aussitôt contre des hommes ». Les faits relatés ci-dessus étayent cette citation. Toutefois, Apple n’est pas la seule société employant de la main d’œuvre bon marché, d’autres firmes le font également (Dell, Heweltt Packard, IBM, Nokia, …). Blâmer les utilisateurs d’iPad, iPhone et autres dérivés Apple équivaudrait donc à se fustiger, à remettre ses valeurs et principes éthiques en question. Y sommes-nous réellement disposés ?
Notre société est très imprégnée de tous ces gadgets dont la majorité portent le label « made in China » et en tant que CRACS soyons des consommateurs responsables. Consommons moins, mieux, de manière plus avisée et en privilégiant les produits fabriqués par des entreprises inscrites dans une démarche éthique !

Florence Van de Steene
florence.vandesteene@resonanceasbl.be