
Cette semaine, les médias ont largement utilisé la sortie du jeune, co-auteur présumé du meurtre de Joe Van Holsbeeck. A côté des points de vue sécuritaires, une vision alternative et éducative.
Voici un extrait d’une carte blanche publiée mercredi dans la presse :
"Les IPPJ (Institutions Publiques de Protection de la jeunesse) font partie de l’arsenal de l’aide à la Jeunesse et répondent à la philosophie éducative du secteur. Même si les mineurs contrevenants qui y séjournent ont pu commettre des actes particulièrement graves,leur jeunes âge impose, à leur égard, un travail éducatif et pédagogique. C’est ce qui distingue essentiellement ces institutions des établissements pénitentiaires classiques et c’est ce qui permet d’espérer une évolution positive et constructive de la personnalité des jeunes contrevenants. Il s’agit donc tant d’un choix de société que d’un pari sur l’avenir.
L’inefficacité des peines d’emprisonnement des adultes, mise en évidence notamment par le fort taux de récidive, indique à l’évidence ce qu’il faut se garder de faire avec les adolescents. Cela fait longtemps que l’on sait que l’enfermement n’apporte aucune solution à la délinquance. Il n’a aucun effet dissuasif (quel est le criminel qui pense aux effets de son geste au moment de le commettre ? ?)et en tant que tel, n’a aucun effet thérapeutique, éducatif ou rééducatif (bien au contraire). Les mesures qui entourent l’enfermement peuvent, elles, avoir une telle vertu.
Si l’on peut se poser la question du choix de la sortie, personne, en dehors de l’équipe éducative de l’IPPJ parce qu’elle vit au quotidien avec lui depuis plusieurs mois, ne connaît suffisamment le jeune pour connaître les « ingrédients » nécessaires à l’établissement d’une relation de confiance qui est à la base même de tout processus éducatif. Inutile d’essayer d’éduquer un jeune qui ne sente pas que l’on croit sincèrement en lui, en ses capacités de « s’amender » et de reprendre une place honorable dans la société (or, sauf à appliquer des mesures radicales de prison à vie en vigueur dans certains états des USA, la sortie est la finalité même de l’intervention).
Qu’est-ce qu’on souhaite pour les jeunes contrevenants ? L’application de la loi du talion ? Il convient alors d’être clair : coupons les bras des voleurs, émasculons les violeurs et rétablissons la peine de mort pour les jeunes assassins !
Les médias semblent unanimes : pas de menus plaisirs pour les assassins ! Et Madame Fonck ne pense pas autrement, elle insiste lourdement sur la finalité sécuritaire et punitif de ces institutions. Est-il pensable que le jeune Mariusz retrouve le chemin de la société si on le condamne sans fin à ressasser sa culpabilité ? La démarche des IPPJ est éducative même si elle se déroule à l’intérieur d’un huis-clos : elle est tournée vers l’avenir et ne peut être exempte de risques, liés au fait même d’éduquer."
(...)
Carte co-signée notament par Bernard Devos (secteur de l’Aide à la Jeunesse), Julien Pieret et Carla Nagels (Ligue des droits de l’homme) Benoit Van Keirsbilck (Service Droits des jeunes) et approuvée par le CJEF.
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