
Fusion, OPA, absorption, participations, actionnariat, parts de marché, etc.
On n’y comprend rien et pourtant...
Pas une semaine ne passe sans que les médias nous bombardent de ce type d’informations. Avec Arcelor, Jupille, et cette semaine, « la fusion Suez - Gaz de France », nous avons droit à des sitcoms économiques : un épisode par jour.
Peu importe les noms des entreprises et les secteurs d’activités, tentons de décrypter ce qui se déroule régulièrement.
Premièrement passez la bande son d’un feuilleton genre « Amour, gloire et beauté » ensuite lisez le résumé de l’épisode du jour :
Il y a quelque temps, Enel sous-entend qu’elle a des vues sur Suez. Mais pratiquement au même instant Suez, qui ne voulait pas d’Enel, annonce son mariage avec GDF. Ce mariage est décidé très vite alors que ni les parents, ni le roi n’ont encore donné leur accord.
Que va-t-il se passer...
Enel sous-entend qu’elle a des vues sur Suez :
Enel, société italienne, sous-entend qu’elle va lancer une OPA, une Offre Publique d’Achat. Cela signifie qu’elle va essayer d’acheter le maximum d’actions de l’entreprise afin d’en devenir propriétaire. Les actions sont des morceaux de l’entreprise. Celui qui en a le plus de parts la possède.
Dans cette situation, l’OPA est qualifiée d’hostile. Elle aurait été lancée sans l’accord de Suez. Pour le moment, une autre OPA hostile est celle de Mittal sur Arcelor. Ces entreprises n’ont pas du tout envie d’être rachetées. Par contre, en 2005 Suez avait fait une OPA sur Electrabel avec l’accord d’Electrabel. Ce n’était pas une OPA hostile.
Suez annonce son mariage avec GDF :
Suez et GDF fusionnent. Ce n’est pas une entreprise qui en achète une autre. C’est une fusion des deux. Les actions ne vont pas être rachetées, elles vont être échangées. Une action d’une entreprise =une action de l’autre et non pas une action = de l’argent.
Actuellement, nous assistons à énormément de fusions, d’OPA, etc. L’environnement économique n’est plus constitué d’une multitude d’entreprises mais de quelques grands groupes. Exemples : L’Oréal qui détient 23 marques ; Fortis qui englobe des banques et des compagnies d’assurance ; Pepsi ; Universal ; etc. Nous en retrouvons dans tous les domaines.
Ni les parents, ni le roi n’ont encore donné leur accord :
Ces opérations de regroupement ne peuvent s’effectuer sans l’autorisation des politiques. S’il y a un danger pour la concurrence, le regroupement ne peut avoir lieu.
L’Union européenne ne permet pas qu’une entreprise détienne un monopole sur le marché, qu’elle soit la seule à proposer tel bien ou tel service. Si c’était le cas, elle pourrait demander le prix qu’elle veut, puisque nous ne pourrions acheter ce produit que là.
Parfois, d’autres instances nationales responsables du respect de la concurrence doivent aussi marquer leur accord.
Pour Suez et GDF, il y a un risque sur le territoire de la Belgique. A suivre.
Emilie Many
emany@cjc.be
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