
La fête nationale, c’est biiien ! !
On a congé, il y a des festivités dans toute la Belgique : des concerts, des expositions, des activités sportives, culturelles ou récréatives. C’est la fête, quoi !!
Et cette année, c’est encore mieux, ça tombe un vendredi. Et, il fait beau.
Au-delà de ces considérations concrètes et personnelles, c’est quoi cette fête ?
La fête nationale, c’est un rite. Et les rites sont importants pour un groupe social. Les rites sont tous les événements symboliques vécus collectivement de façon systématique. Ils se transmettent implicitement et augmentent le sentiment d’appartenance de chacun à la collectivité. Ils structurent la vie sociale, créent des repères, sont rassurants, sécurisants. On sait qu’ils arriveront et cela signifie que tout est « en ordre ».
Le 21 juillet, beaucoup célèbrent ce jour de la même manière d’années en années : une fête sur la place de la ville, un feu d’artifice à tel endroit, un départ en camp ou en vacances. Le 21 juillet, un événement récurent et chargé de sens a lieu.
Aujourd’hui, la symbolique de la fête nationale ne se ressent plus vraiment dans les discours des "gens". Où sont les drapeaux, la larme à l’œil dès les premières notes de l’hymne nationale ?
Le 21 juillet est à présent une occasion festive, un jour de congé ou tout autre chose. La dimension nationaliste est de moins en moins visible.
Cette évolution résulte sûrement de l’importante transformation de la société que nous vivons aujourd’hui et à laquelle nous participons. Toutes les institutions, les anciens dogmes et repères sont remis en question et souvent balayés. Tout ce qui était unilatéralement respecté est interrogé.
Mais alors, si « les gens » n’y croient plus, pourquoi garder ce jour ?
Le 21 juillet est une date ancrée dans la société. Le 21 juillet est un rite en soi. Cette date reste. Au-delà de tout nationalisme, il faut maintenant réinvestir cette date, la recharger de sens, développer de la créativité collective.
Dans les Organisations de Jeunesse, la place de la fête est considérable. La fête fait partie intégrante de la pédagogie qui y est développée : la pédagogie du projet. Quand on clôture un projet, on le fête.
En suivant cette idée, le 21 juillet pourrait être la fête du projet de société que l’on souhaite, celui que l’on met en œuvre collectivement et chacun à son niveau. Un projet CRACS, évidemment.
Au-delà des rivalités communautaires ou des nationalismes exacerbés, le 21 juillet pourrait alors devenir la date de la fête mondiale, une fête citoyenne. Et si on choisit une autre date, on en fera pas non plus une affaire d’état.
Emilie Many
emany@cjc.be
© Copyright 2010 - Conseil de la Jeunesse Catholique | développement web : Média-Animation | contact webmaster : info@cjc.be