La Belgique, un pays où on vit encore en totale liberté ?

C’est évident, la Belgique n’est pas une dictature. Et depuis la fin de la seconde guerre mondiale, nous y vivons librement. Et pourtant, sommes-nous libre de l’ensemble de nos mouvements ? Pas si sûr. Ce 11 novembre, comme chaque année, nous fêtons notre liberté retrouvée, saluant le courage de nos anciens qui se sont battus et sont morts pour cette cause. Une bonne occasion de faire le point sur une liberté toute relative dans laquelle nous vivons…

Au début de ce mois de novembre, le site internet du magazine « Le Vif » nous annonçait la présence de 300.000 caméras de surveillance en Belgique. Un nombre colossal qui, au-delà des chiffres, semble nous montrer que le respect de la vie privée et de notre liberté a moins d’importance que le sentiment de sécurité. Vous pensez profiter de l’anonymat de la ville pour vous promener seul où bon vous semble ? Big Brother vous regarde. Mais c’est pour votre bien, paraît-il…

Et il n’y a pas que la rue. Dans votre propriété, tout n’est pas permis. En matière d’urbanisme, les exemples ne manquent pas. Devoir construire la maison de ses rêves dans une couleur de briques imposée ou ne pas pouvoir poser une fenêtre de toit parce que ça n’entre pas dans le paysage est aussi une entrave à une certaine forme de liberté. Même si tout ne peut pas être accepté, où place-t-on la limite ?

Internet aussi possède ses quartiers hautement surveillés, voire interdits. Pour la première fois dans notre pays, une censure concernant un site internet est révélée au grand jour. The Pirate Bay n’est plus accessible depuis la Belgique. Une entrave à la liberté, dictée par les pressions de différentes sociétés pour des raisons financières.

Et notre collaboration dans ce système ?

Paradoxalement, nous nous plaçons en complice de ce système de surveillance. En effet, nous alimentons de nos données personnelles les sociétés marchandes en nous inscrivant sur les réseaux sociaux, en acceptant les cartes de fidélité permettant de compiler nos derniers achats. Nos téléphones portables sont également de très bons « mouchards », quand on accepte d’être géolocalisés. Sommes-nous conscients de cet aspect-là de la modernité quand nous utilisons ces nouveaux moyens de communication ?

Des initiatives citoyennes

Au-delà de ces constats, tout n’est pas noir pour autant. La Belgique reste une démocratie, qui compte de belles initiatives citoyennes. Le G1000 en est un très bon exemple. Ce 11 novembre est un effet la date choisie pour rassembler 1000 Belges tirés au sort, à Tour et Taxi, afin de débattre de différents thèmes de société (politique d’immigration, répartition des richesses en temps de crise, sécurité sociale…) et d’amener des propositions concrètes et innovantes. Les résultats de cette démarche seront présentés au pouvoir politique début de l’année prochaine.

Cet endroit sans Lobby apparent, peut être une formule de participation. Mais les organisations de jeunesse n’en sont-elles pas une également ? N’avons-nous pas un rôle à jouer ? Une nouvelle occasion d’être CRACS !

Vincent BURON
Résonance asbl <brvincent.buron@resonanceasbl.be